Carême chrétien 2026 : « Le jeûne doit se traduire par des gestes visibles d’amour », père Hilaire

Hilaire Kabenya Mulonda, père et prêtre congolais de la Communauté des Béatitudes, il livre une lecture sur le carême chrétien. Après avoir exercé au Burkina durant 4 ans à la communauté des Béatitudes établie sur la sainte colline de la miséricorde divine de Diébougou, il poursuit aujourd’hui sa mission dans le diocèse de Kabinda, en République Démocratique du Congo. Il y prend en charge des malades, des enfants souffrants de malnutrition,des prisonniers de la prison centrale de Kabinda. Pour lui, le carême « un temps de vérité avec Dieu et avec soi-même ».
« Le carême est un temps de combat spirituel, de purification et de préparation à la joie pascale », explique-t-il. De son avis, le mot carême vient du latin »Quadragesima dies’‘, les 40 jours fait référence aux grands événements bibliques marqués par ce chiffre, notamment les 40 de jeûne du Christ au désert.
Dans la dynamique du message du Pape Léon XIV pour 2026, placé sous le thème « Écouter et jeûner : le carême comme temps de conversion », le prêtre Hilaire insiste sur la nécessité de remettre Dieu au centre de la vie quotidienne. « La conversion commence par l’écoute. Écouter Dieu, mais aussi écouter le cri des pauvres et des opprimés », souligne-t-il.
Jeûner autrement
Au-delà de l’abstinence alimentaire, le père Mulonda propose une compréhension plus large du jeûne : se priver des excès, des paroles qui blessent, des comportements destructeurs. Il appelle à un jeûne du mépris, de la haine et de la corruption, particulièrement dans les familles, les milieux professionnels et sur les réseaux sociaux.
La prière, quant à elle, est décrite comme un espace d’intimité avec Dieu, un dialogue confiant nourri de silence et d’abandon. Enfin, l’aumône reste un acte concret de solidarité envers les plus vulnérables : malades, prisonniers, enfants malnutris, exclus de la société. « Le carême doit se traduire par des gestes visibles d’amour », affirme-t-il.

De plus, le catholique affirme qu’il existe un chemin structuré de transformation. Évoquant les exercices spirituels hérités de Ignace de Loyola, père Hilaire rappelle l’importance de l’examen de conscience, de la méditation de la Parole et des résolutions concrètes. Pour lui, retraites, récollections ou simples temps de silence quotidien peuvent aider à faire le point et à orienter sa vie selon l’Évangile.
Un message pour aujourd’hui
Pour le père Mulonda, le carême 2026 est un appel à une conversion qui touche autant les consciences individuelles que les relations sociales. « Il ne s’agit pas seulement de changer quelques habitudes, mais de transformer notre manière de parler, d’aimer et de servir »,interpelle t-il.
Aux jeunes et aux familles, il recommande de lire et méditer le message du Saint-Père et d’en faire un programme de vie. Car, conclut-il, « le carême n’est pas une parenthèse triste, mais une école d’espérance qui prépare à la joie de la résurrection ».
Pour rappel, Hilaire Kabenya Mulonda assure en parallèle la charge d’aumonier de la prison centrale de Kabinda en RDC. Il y accompagne spirituellement les détenus. Aussi, il est président de la commission diocésaine des malades, œuvrant pour une pastorale attentive aux plus vulnérables.
Annick HIEN/MoussoNews


