Konsimbo Valérie : Confectionneuse de porte-bébés kangourou en kôkô dunda

Responsable d’agence, glacière, vendeuse d’articles importés de la Chine, tontineuse, Konsimbo Valérie Marie Irène est maintenant créatrice. Le 1er janvier 2026, elle a lançé Kangourou Africaine Dora (KAD), un porte-bébé 100 % coton en tissu kôkô dunda, pensé pour les mères burkinabè et destiné au monde entier.
Tout commence sur une moto. Enceinte de son 4e enfant, Valérie anticipe la réalité qui l’attend après l’accouchement : se déplacer seule avec un nourrisson et son grand frère de 3 ans. Sur une moto, avec 2 enfants, la question de sécurité devient vite un casse-tête. « Je me suis mise à fouiller sur Google. J’ai vu des choses. Et dans une causerie avec une amie, l’idée a germé », rappelle -t-elle.
Le moment anodin est survenu après une conversation entre femmes. » Je ne cherchais pas à créer une entreprise. Mais une solution pour mes enfants. », se justifie -t-elle.
Le premier janvier 2026, pendant que le monde fêtait la nouvelle année, Valérie, elle, lançait Kangourou Africaine Dora (KAD).
Le koko dunda au cœur du projet : bien plus qu’un tissu
Selon Valérie, ce qui distingue immédiatement le KAD de n’importe quel porte-bébé du marché, c’est son tissu. En effet, Valérie a fait un choix radical de travailler exclusivement avec le koko dunda. De son avis, son choix sur le kôkô dunda est d’abord technique. » Il est 100 % coton, léger, respirant, sans rembourrage en polyester. Idéal pour la peau sensible des nourrissons, dans un pays où la chaleur est omniprésente », explique -t-elle.
Ensuite, son choix est culturel car dit-elle en utilisant ce tissu, elle s’inscrit dans une logique de valorisation du patrimoine artisanal burkinabè. « Chaque porte-bébé vendu est un acte de soutien aux teinturiers locaux, aux savoir-faire traditionnels, à l’économie de proximité », argumente -t-elle.
Enfin, par ce tissu, Valérie se dit visionnaire . Elle veut que le kôkô dunda voyage. » Mon kangourou, c’est le Burkina Faso qui fait le tour du monde dans le dos d’un bébé « , affirme-t-elle.
À l’entendre, les avantages du Kangourou Africaine Dora (KAD) sont multiples. Il est utilisable de 0 à 3 ans, sur la poitrine ou dans le dos; Idéal pour les bébés prématurés et favorise un contact peau à peau prolongé. Aussi, le tissu est 100 % coton koko dunda, léger, respirant, sans polyester. Par ailleurs, le KAD se révèle être un compagnon du quotidien, maison, bureau, sorties, toutes saisons. De plus, il apaise le sommeil du bébé et favorise une liberté de mouvement totale pour la maman.

Un produit à vocation médicale et sociale
Au-delà du confort familial, Valérie perçoit dans son porte-bébé comme un outil de santé publique sous-estimé. Elle évoque avec conviction son utilisation en service néonatal. En effet, de son avis, les bébés prématurés ou de faible poids à la naissance ont besoin de chaleur, de contact, de la voix et des battements de cœur de leur mère.
Elle rappelle que cette méthode kangourou, est reconnue par l’OMS et consiste à placer l’enfant en peau à peau contre le parent, dans une poche ventrale, près des seins.
Les défis d’une entreprise qui débute
Derrière l’enthousiasme, Valérie est honnête sur les obstacles du terrain. Le plus redoutable ? La qualité des tissus. « Parfois je tombe sur de jolies couleurs, des motifs magnifiques et le tissu déteint au premier lavage. Je suis obligée d’écarter ces kangourous, de les sortir du stock, de ne pas les vendre. C’est une perte sèche », déplore -t-elle. Pour Valérie, la sélection rigoureuse du tissu est devenue une compétence à part entière dans son processus de production.
À cela s’ajoute la réalité d’une entrepreneuse multitâche. KAD n’est pas la seule activité de Valérie. Elle gère également une agence privée, fabrique et vend des crèmes glacées et importe des articles de Chine pour les revendre en tontine et en cash. Selon elle, ce quotidien dense exige organisation, énergie et vision.

Une boutique, un rêve, une mission
La suite ? Elle sera grande. Valérie en est convaincue. Titulaire d’une Licence en Communication d’Entreprise, elle ambitionne d’ouvrir une boutique physique, un espace de vente qui deviendrait progressivement une grande structure, capable d’atteindre toutes les femmes du Burkina Faso et au-delà.
Elle pense particulièrement aux mères de bébés prématurés, pour qui le porte-bébé physiologique peut représenter une différence de vie ou de mort. » Je veux que chaque maman, où qu’elle soit, puisse offrir à son bébé la meilleure des berceuses : ses bras « , souhaite -t-elle.
Annick HIEN/MoussoNews



