Kongoussi : Couturière depuis 9 ans, Hindi coud son indépendance

Hindi Sawadogo. Ce nom est de plus en plus connu à Kongoussi. Couturière, le bruit de sa machine ne s’arrête presque jamais. Âgée de 24 ans, elle a déjà passé près de 9 ans derrière les aiguilles et les tissus.

Hindi Sawadogo a quitté les bancs tôt. La maladie l’a éloigné de l’école dès la classe de la seconde. « Dès que j’arrivais en classe, je ne pouvais pas suivre », se souvient-elle.

Elle prend alors la décision de demander à ses parents de lui trouver un métier. La coiffure a été envisagée, puis écartée. Ce sera finalement la couture.

Hindi a été initiée à Ouagadougou durant 8 ans. Son apprentissage n’a pas été un long fleuve tranquille. « Ma vie n’était pas facile », se rappelle-t-elle.

Elle était hébergée d’abord chez sa grand-mère, puis laissée avec d’autres membres de la famille. De là , elle fait face des conditions de vie difficiles. « Si tu me voyais à ce moment-là, je faisais vraiment de la peine », dit-elle en soupirant.

À l’époque, elle ne pensait pas s’en sortir face aux conditions difficiles qui survenaient dans la famille où elle était hébergée. À bout, elle a décidé de se prendre en charge. Elle informé ses parents de sa décision de quitter la famille et de revenir auprès d’eux a Kongoussi. Mais ceux ci contestent. « J’ai dit à mes parents : si je ne trouve pas de solution, je vais mourir ici », se souvient-elle en souriant nostalgiquement. Elle tient bon jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte. Suite à sa grossesse, elle décide de revenir à Kongoussi et ouvre son propre atelier.

Hindi Sawadogo, Couturière depuis 9 ans.

Une nouvelle responsabilité, mais aussi un tournant.

Depuis environ 2 ans maintenant, Hindi possède son propre atelier de couture. Elle coud des modèles pour femmes et enfants. Son talent est apprécié par de nombreuses personnes. « Beaucoup me connaissent ici. Les gens viennent de gauche à droite », dit-elle, reconnaissante.

De plus, la compétence de Hindi ne s’arrête pas à la couture classique. Désormais, elle forme aussi d’autres femmes, notamment à la confection de serviettes hygiéniques. Grâce à ses connaissances, elle a été sollicité pour l’initiation des femmes et adolescentes en confection de serviettes hygiéniques réutilisables par les Médecins du Monde et ses partenaires dans sle cadre d’un projet.

Hindi en train de former des femmes et adolescentes en confection de serviettes hygiéniques réutilisables grâce à Médecin du Monde.

Mais derrière l’évolution de Hindi, les difficultés persistent. Le coût des matériaux pèse lourd. « Avant, c’était moins cher. Maintenant, tout a augmenté », explique-t-elle. Pour s’approvisionner, elle est parfois obligée de faire des allers-retours de Kongoussi à Ouagadougou. Malgré tout, Hindi avance.

Elle emploie plusieurs personnes dans son atelier et subvient aux besoins de sa famille. Son ambition est de développer son activité, d’ouvrir un espace de vente de matériels de couture, aller plus loin. Et surtout, ne plus dépendre de qui que ce soit. « Aujourd’hui, il ne faut pas dépendre de quelqu’un », affirme-t-elle.

Aux femmes et jeunes filles, elle conseille sans détour à ne jamais abandonner leur emploi. Elle les encourage à apprendre un métier afin de subvenir à leurs besoins . « Avec la machine à surtout, on peut se faire de l’argent en coudant les bordures des pagnes à porter, à réparer les habits….on peut faire beaucoup de choses «  », dit-elle en insistant sur le fait qu’il ne faut pas compter sur quelqu’un même pas à un membre de famille.

Annick HIEN/MoussoNews

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