Ouagadougou : Des femmes et jeunes s’approprient le Manifeste de la RPP

Plus d’une soixantaine de jeunes ont pris part à une conférence publique dédiée à l’appropriation du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire (RPP) le samedi 16 mai 2026 à Ouagadougou. Portée par des figures engagées comme la députée Bénédicte Bailou, Martine Yabré et Aly Teyéni Mana, la rencontre a mis l’accent sur la place des femmes, de la jeunesse et de la souveraineté économique dans la refondation du Burkina Faso.

Plus d’une soixantaine de personnes ont pris part à la conférence publique sur le Manifeste de la RPP.

Depuis sa présentation officielle le 26 avril 2026 à Bobo-Dioulasso par le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, le Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire (RPP) entend tracer les grandes lignes idéologiques et pratiques d’une nouvelle dynamique nationale.

Mais pour des figures, ce texte ne saurait rester l’affaire des seuls cercles politiques.
C’est dans cette logique que s’est tenue, à Ouagadougou, une conférence publique visant à vulgariser le contenu du manifeste auprès des jeunes et des femmes, considérés comme la majorité démographique du pays.

Selon Bénédicte Bailou, députée à l’Assemblée législative du peuple siégeant pour les organisations de la société civile féminine, l’objectif est de permettre aux femmes et jeunes de s’approprier le texte et de le traduire en actions concrètes. « Il était important que les jeunes et les femmes connaissent ce qu’il y a dans son contenu et puissent ensuite transformer ce contenu en actions concrètes sur le terrain », a-t-elle expliqué.

Bénédicte Bailou, députée à l’Assemblée législative du peuple.

Dans cette dynamique, des exemplaires du manifeste ont été distribués aux participants. Pour la députée Bailou, l’urgence reste l’accessibilité du contenu. A l’entendre, offrir le manifeste, oui, mais avec pour exigence de le lire, de le comprendre et d’en faire un outil de transformation.

« La femme a une place dans le manifeste, à nous d’en faire une force »

Martine Yabré


Intervenant sur la thématique des femmes dans la Révolution Progressiste Populaire, Martine Yabré a salué la reconnaissance explicite de la femme dans le manifeste, notamment à travers les problématiques sociétales. Pour elle, cette inscription constitue déjà une victoire symbolique importante. Mais l’essentiel demeure l’usage concret de cette place reconnue. « Nous avons une place dans le manifeste. Qu’est-ce qu’on fait de cette place ? », a-t-elle lancé.

Elle a insisté sur la nécessité pour les femmes d’assumer pleinement leur rôle de catalyseur du changement, aussi bien dans l’éducation familiale que dans la transmission des valeurs patriotiques, de discipline et de solidarité.

Martine Yabré, une intervenante à la conférence publique.

S’inspirant de l’héritage révolutionnaire sankariste, Martine Yabré a rappelé que la participation citoyenne des femmes n’est ni une faveur ni une simple revendication, mais un droit et un devoir dans la refondation nationale.

Elle a également appelé à dépasser les divisions internes, les retards organisationnels et le manque de vision, afin que les femmes deviennent des actrices majeures de la transformation politique, économique et culturelle du pays.


« Il n’existe pas de souveraineté politique durable sans souveraineté économique réelle »

Aly Teyéni Mana


Sur le volet socio-économique, Aly Teyéni Mana a replacé la question de la souveraineté économique au centre du projet révolutionnaire. Son postulat est sans équivoque. « ««  On ne peut pas être souverain dans la parole si on a faim ». dit-il. Pour l’intervenant, la souveraineté politique ne peut se maintenir sans une économie nationale forte, capable de répondre aux besoins fondamentaux des populations et de libérer les forces productives.

Dans cette perspective, le manifeste de la RPP rejette l’exportation brute des matières premières, la dépendance aux financements conditionnés, ainsi que la passivité de l’État face aux logiques de marché.

Aly Teyéni Mana, un des intervenants de la conférence.

Aly Teyéni Mana a également dénoncé ce qu’il considère comme une subtile reformulation du système d’exploitation économique, prenant pour exemple le glissement sémantique du terme « exploitation minière » vers « extraction minière », qu’il voit comme une manière d’adoucir des rapports économiques inéquitables.

Pour lui, la révolution progressiste populaire implique un État fort, stratège et interventionniste, capable de transformer localement les ressources, de protéger les intérêts nationaux et de rompre avec les contrats léonins.

Annick HIEN/MoussoNews

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