Kouza Koné : Griote bwaba et artiste de cirque

Kouza Koné est artiste, musicienne, griote et circassienne. Issue d’une famille de griots bwaba, elle a grandi dans l’univers de la musique traditionnelle, suivant très tôt ses parents dans les cérémonies et prestations artistiques. Depuis 2018, elle trace également son bonhomme de chemin dans le cirque.

Kouza est Griote depuis sa naissance.

Le parcours scolaire de Kouza Koné s’est arrêté au CM2. Très jeune, elle fait le choix de quitter l’école pour se consacrer à l’art. « J’ai aimé la musique, j’ai suivi mes parents », explique-t-elle en rappelant que ce choix personnel a été accepté par sa famille. Dans sa famille, elle est la seule fille griotte.

Dans sa communauté, être griot est avant tout une appartenance familiale et identitaire. Kouza revendique pleinement cet héritage. Elle participe aux mariages, baptêmes, funérailles et autres cérémonies sociales, où elle chante régulièrement au sein de sa compagnie, souvent comme choriste.

À travers ses prestations, elle contribue aussi à transmettre des messages de sensibilisation aux jeunes. Pour elle, le rôle de la femme griotte reste important dans la préservation des traditions. Chez les bwaba, dit-elle, la femme est respectée et appelée à soutenir sa famille, notamment en participant à l’activité économique du foyer.

Kouza est circassiennne depuis 2018.

Mais le parcours de Kouza ne se limite pas à la musique. Depuis 2018, Kouza s’est également engagée dans le cirque, un domaine encore peu développé et peu féminisé au Burkina Faso.

Formée dans cette discipline, elle souhaite encourager davantage de jeunes filles à s’y intéresser. Selon elle, le cirque demande de la patience, de la maîtrise de soi et de la persévérance.

En parallèle, elle exerce aussi dans la coiffure traditionnelle, un savoir-faire appris dès l’enfance.

Mère de deux enfants, Kouza reconnaît les difficultés liées à la conciliation entre vie familiale et carrière artistique, dans un secteur marqué par les déplacements fréquents et l’instabilité des revenus.

La rémunération, dit-elle, varie selon les prestations et ne suit pas de tarif fixe. Sa participation aux activités du 15 mai, journée dédiée aux coutumes et traditions, s’inscrit dans cette volonté de valoriser l’héritage culturel. Elle y voit une occasion de rappeler des pratiques parfois oubliées et de renforcer l’intérêt des jeunes pour les arts et traditions.

La griote Kouza Koné souhaite former des jeunes filles dans l’art du cirque.

À long terme, Kouza Koné souhaite poursuivre son engagement dans la musique et le cirque, mais aussi former d’autres jeunes, notamment des filles, afin de renforcer leur présence dans ces domaines artistiques. Pour elle, l’art mérite d’être pris au sérieux et considéré comme une véritable voie de transmission, d’éducation et de développement.

Annick HIEN/MoussoNews

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