« Sport Santé »: Offrir  » la bonne manière » de le pratiquer, une vocation de Angèle Oubida

Professeure d’éducation physique et promotrice du centre « Sport Santé Midre », Angèle Oubida redéfinit l’activité sportive. Depuis 2021, à travers son centre « Midre », elle s’est donnée pour mission de transformer la pratique sportive en un véritable levier de santé publique. Elle accompagne les seniors et prépare également les femmes enceintes tout au long de leur grossesse jusqu’à l’accouchement.

À Ouagadougou, à l’aube comme au crépuscule, la pratique du sport par la population a considérablement progressé ces dernières années. Sur le bord des grandes voies, dans les espaces libres, sur les terrains de sport ou dans les salles, beaucoup s’y attellent. Mais Angèle Oubida/ Ilboudo, spécialiste en santé publique et enseignante à l’Institut des Sciences du Sport et du Développement Humain (ISSDH), estime que ces habitudes sont « souvent inappropriées ».

Angèle Oubida/ Ilboudo, spécialiste en santé publique et enseignante à l’Institut des Sciences du Sport et du Développement Humain (ISSDH)

S’appuyant sur des études effectuées au sein de son l’ISSDH, elle souligne que ces pratiques sont « mal encadrées » et se limitent souvent à de la marche ou à quelques étirements. Face à ce constat et pour pallier les manquements liés à l’ignorance de certains pratiquants, elle cofonde en 2021, avec son époux, le centre « Sport Santé Midre ».

Dans cet espace dédié uniquement au sport et à la Santé, elle ne se contente pas de proposer des exercices ; elle impose un protocole rigoureux qui inclue un bilan de santé préalable et une évaluation par des professionnels en Activité Physique Adaptée (APA). « Le Sport Santé utilise le mouvement pour améliorer la santé physique, psychologique et mentale », explique-t-elle. Cette approche s’adresse aussi bien aux personnes bien portantes qu’aux patients souffrant de pathologies chroniques comme le diabète ou l’hypertension.

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La maternité en mouvement : le focus prénatal

L’un des piliers majeurs de l’engagement de Angèle Oubida concerne la femme enceinte. Loin des idées reçues qui préconisent qu’elle doit être inactive et n’effectuer aucun effort physique, la spécialiste prône une gymnastique prénatale spécifique, souvent pratiquée sur fitball (ballon de gymnastique). Dans son centre, les séances sont conçues pour répondre aux transformations physiologiques de la grossesse :

  • Le soulagement des douleurs : des exercices d’enroulement du dos sur le ballon permettent d’atténuer les tensions de la colonne vertébrale.
  • Le renforcement musculaire : un travail ciblé sur les membres inférieurs et supérieurs aide le corps à supporter le poids de la grossesse.
  • La préparation à l’accouchement : des exercices spécifiques renforcent le périnée et minimisent les risques lors du travail.
  • La récupération post-partum : pour elle, une femme active retrouve plus rapidement ses capacités physiques et quotidiennes après la naissance.
  • Cette prise en charge s’étend même au futur enfant, la pratique sportive maternelle étant un facteur de protection contre l’obésité infantile.
Le fitball pratiqué par une femme enceinte (image illustrative)

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Un protocole rigoureux pour une santé durable

Pour cette experte qui officie également au Centre National Médico-Sportif, le sport ne doit plus être une simple distraction, mais un protocole de santé sérieux. « Faire du sport, c’est bien. Savoir comment le faire pour sa santé, c’est mieux », est devenue sa devise.

À travers « le Sport Santé », elle souhaite offrir à la population la « bonne manière » de pratiquer, en respectant les conditions de sécurité optimales.

Elle s’intéresse à divers profils : des personnes bien portantes aux patients atteints de pathologies telles que l’hypertension, le diabète de type 2 ou le cancer.

Pour une prise en charge efficace, un bilan de santé est requis au préalable. Pour les personnes souffrantes, une autorisation médicale délivrée par un spécialiste est nécessaire afin d’identifier les contre-indications. Vient ensuite une évaluation physique réalisée par un professionnel en APA formé à l’ISSDH. Enfin, un programme personnalisé est établi selon la condition physique, les préférences et la motivation du pratiquant.

Une action de proximité pour plus d’adhérents

Angèle Oubida ne se contente pas d’attendre les patients dans son centre situé au quartier Kamboinsin à Ouagadougou. Elle mène une action de proximité, en sillonnant les lieux de culte et les quartiers pour évaluer la condition physique des citoyens et les sensibiliser aux risques cardiovasculaires. Elle interagit également avec les jeunes et les sportifs de haut niveau sur les terrains de proximité.

Décentraliser son expertise : une vision à grande échelle

Son centre accueille des stagiaires et étudiants de l’ISSDH qu’elle forme aux réalités du terrain. Son ambition est de voir prospérer des centres spécialisés au-delà de la capitale. Pour Angèle Oubida, le sport de demain au Burkina Faso doit reposer sur une « prise en charge holistique », où des techniciens sportifs et des professionnels de santé travaillent main dans la main pour le bien-être de tous.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews

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