Arnaque aux épices bio : 193 cas et plus de 507 millions de FCFA perdus depuis le début de l’année 2026

L’arnaque aux épices bio continue de faire des victimes au Burkina Faso. Selon les chiffres de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), cette forme d’escroquerie a déjà causé un préjudice financier estimé à plus de 507 millions de Francs CFA depuis le début de l’année 2026. Bien qu’elle ne soit pas l’escroquerie qui enregistre le plus grand nombre de victimes, elle demeure celle qui occasionne les pertes financières les plus importantes.

Lors du second numéro de l’émission Cyber Décryptage, la BCLCC a révélé que 2 085 cas d’escroquerie ont été enregistrés depuis le début de l’année. Parmi eux, 193 concernent spécifiquement l’arnaque aux épices bio, soit près de 40 % du préjudice financier global lié aux escroqueries enregistrées par les services spécialisés.

L’arnaque aux épices n’est pas un phénomène nouveau.

Selon le Lieutenant de police Julien Legma, chef de la division de la planification, de la communication et de la collaboration policière de la BCLCC, l’arnaque aux épices bio est une forme de cyberescroquerie dans laquelle des individus usurpent l’identité de grands établissements hôteliers ou d’autres structures reconnues.

Se faisant passer pour des responsables de l’approvisionnement ou de la restauration, ils proposent à leurs victimes un prétendu marché de fourniture d’épices biologiques. Leur objectif est de créer un climat de confiance afin d’obtenir le versement de sommes importantes sous différents prétextes. Ce n’est qu’après plusieurs paiements ou lorsque les auteurs deviennent injoignables que les victimes réalisent qu’aucun marché n’a jamais existé.

Une escroquerie bien rodée

Le phénomène n’est pas nouveau selon le Lieutenant. Les premiers cas ont été enregistrés dès la création de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité en février 2020. Toutefois, les cybercriminels ont progressivement perfectionné leur mode opératoire afin d’accroître leur crédibilité et d’augmenter le nombre de victimes.

Le mode opératoire consiste à contacter leurs cibles en affirmant rechercher un fournisseur capable de livrer des épices biologiques destinées à la restauration d’un hôtel. Pour inspirer confiance, ils évoquent généralement l’indisponibilité ou la maladie de l’ancien fournisseur et présentent l’opération comme une opportunité commerciale particulièrement rentable.

Ils mettent ensuite la victime en relation avec un prétendu fournisseur d’épices bio, qui exige des avances financières par Mobile Money pour permettre l’achat, le conditionnement ou le transport des produits.

Au fil des échanges, les demandes d’argent se multiplient sous divers prétextes : réservation des produits, frais de transport, difficultés logistiques ou urgence de la commande. Lorsque la victime a épuisé ses économies, les escrocs deviennent injoignables.

Julien Legma, Lieutenant de police, chef de la division de la planification, de la communication et de la collaboration policière de la BCLCC.

Des victimes de tous les profils

À écouter le Lieutenant Julien Legma, il n’existe pas de profil type des victimes. Toutes les catégories socioprofessionnelles peuvent être ciblées.

Les statistiques montrent toutefois que les personnes âgées de 18 à 29 ans et de 30 à 44 ans sont les plus touchées. Les cybercriminels exploitent principalement la confiance en passant parfois par une connaissance de la victime, qui recommande de bonne foi un prétendu responsable de l’hôtel ou un fournisseur.

Vigilance, vigilance, vigilance

Face à cette recrudescence, la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité invite les citoyens à faire preuve d’une grande prudence. Elle recommande notamment de vérifier directement auprès des établissements concernés l’existence d’un marché ou d’un appel d’offres avant tout engagement financier.

Les autorités rappellent également qu’aucun fournisseur sérieux ne devrait être amené à effectuer des transferts d’argent à des particuliers pour obtenir un marché. Toute demande de paiement préalable, notamment via Mobile Money, doit éveiller la méfiance.

Source : BCLCC

Annick HIEN/MoussoNews


En savoir plus sur Mousso News

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Partagez

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Mousso News

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture