Burkina : 35 leaders institutionnels en formation sur les inégalités de genre avec IPBF

L’Initiative Panafricaine pour le Bien-être de la Femme (IPBF) a ouvert une session de formation de 4 jours consacrée à la clarification des valeurs et à la transformation des attitudes face aux inégalités de genre. Organisée dans le cadre du projet UN ACT, cette rencontre réunit à Ouagadougou des représentants de ministères, des cellules genre, des institutions publiques ainsi que des partenaires techniques, avec pour ambition de renforcer leur compréhension des enjeux liés au genre et leur engagement en faveur de l’égalité. Elle se déroule du 13 au 16 juillet 2026.

La rencontre a réunit des représentants de ministères, des cellules genre, des institutions publiques ainsi que des partenaires techniques.

La représentante de la ministre en charge de la Famille Nonguierma Florentine a rappelé que les crises sécuritaire et humanitaire que traverse le Burkina Faso accentuent les inégalités entre les femmes et les hommes. Selon elle, la promotion de l’égalité de genre constitue un levier essentiel pour bâtir une paix durable, renforcer la cohésion sociale et favoriser un développement équitable.

Elle a également souligné que les textes et politiques publiques, bien qu’indispensables, ne suffisent pas à eux seuls à provoquer les changements attendus. « Les changements durables passent également par une transformation de nos mentalités, de nos valeurs, de nos comportements et des normes sociales qui influencent nos décisions et nos actions », a-t-elle déclaré avant d’inviter les participants à traduire les acquis de la formation en actions concrètes au sein de leurs administrations et de leurs communautés.

Nonguierma Florentine, représentante de la ministre en charge de la Famille.

Cette session vise notamment à renforcer la compréhension des concepts liés au genre, à analyser les normes sociales qui entretiennent les inégalités, à déconstruire les stéréotypes et les préjugés, tout en encourageant l’adoption de pratiques favorables à l’égalité et à la prévention des violences basées sur le genre.

La représentante du ministère en charge de la Famille et de la Solidarité, a salué une initiative en adéquation avec les missions de son département. Elle a estimé que la promotion du genre reste indispensable pour parvenir à une société plus juste. « Il y a beaucoup d’avancées, des efforts sont faits, mais il y a toujours des insuffisances qu’il faut travailler à relever », a-t-elle indiqué, rappelant que plusieurs politiques publiques ont déjà permis d’enregistrer des progrès, même si des défis demeurent.

Micheline Kaboré, directrice exécutive de l’IPBF.

Pour la directrice exécutive de l’IPBF, Micheline Kaboré, cette formation s’inscrit dans la mission de l’organisation de promouvoir et protéger les droits des filles et des femmes, dans un contexte où les crises ont aggravé les violences basées sur le genre. « Cette session a pour objectif de clarifier la compréhension qu’on peut avoir autour du féminisme, autour des questions sur lesquelles nous travaillons pour promouvoir les droits des filles et des femmes », a-t-elle expliqué.

Durant les 4 jours, les participants seront amenés à approfondir leur compréhension des concepts liés au genre, à interroger les valeurs, les coutumes et les normes sociales susceptibles d’alimenter les discriminations, mais aussi à identifier celles qui favorisent le respect des droits des femmes et des filles.

Lire aussi : https://www.moussonews.com/feminisme-au-burkina-35-leaders-religieux-et-coutumiers-engages-dans-la-deconstruction-des-prejuges-avec-ipbf/

35 leaders institutionnels prennent part à cette formation.

À l’issue des travaux, un plan d’action commun devrait être élaboré afin de renforcer la collaboration entre les autorités et l’IPBF dans la promotion de l’égalité de genre et la réduction des violences basées sur le genre.

Pour rappel, cette activité s’inscrit dans un projet régional mis en œuvre au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Après une première session organisée à l’intention des leaders religieux et coutumiers, cette nouvelle étape cible les directions techniques et les cellules genre des ministères. L’objectif est de mobiliser les principaux acteurs institutionnels autour d’actions concertées en faveur des droits des femmes et des filles dans les 3 pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Annick HIEN/MoussoNews


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