Burkina : les journalistes du privé crient famine

Les travailleurs des médias privés du Burkina au cours d’une conférence de presse, ténu ce jeudi 11 juin 2020 à Ouagadougou dénoncent les injustices auxquelles ils sont confrontés. Ils exigent de ce fait des contrats de travail en bonne et due forme pour les journalistes qui travaillent dans les organes de presses privés.

« Le respect de la convention collective est une obligation dans un Etat de droit. Nous défendons le journalisme, nous ne demandons pas que les patrons de presse donnent des millions par mois. Nous ne leur demandons de respecter la convention collective qui date de 2019 » a indiqué Hamidou Traoré, membre du comité Ad hoc des travailleurs de la presse privé au Burkina. Selon ses propos, en plus du non-respect de la convention collective, le comité relève, l’absence de plan de carrière pour les journalistes du privé, la non déclaration à la Caisse de sécurité sociale et ils ne bénéficient pas de couverture sanitaire. « La Convention collective de 2009 constitue la base légale par laquelle tout contrat de travail doit être conclu entre les travailleurs et les organes de presse privés. Nous constatons avec consternation que depuis sa signature, une majorité écrasante d’organes ne l’appliquent pas. Sur une centaine de médias privés, on n’a que 10 qui l’appliquent» a souligné Hamidou Traoré.

A en croire les dire du comité, il n’est pas rare de voir des journalistes du privé rémunérés à 25 000 F le mois et même voir certains travailleurs sans salaire. Le comité interpelle donc les patrons de presse, les actionnaires à ne pas seulement se préoccuper de la consistance des dividendes, mais d’avoir un regard attentif vis-à-vis de ceux-là qui se sacrifient au quotidien pour faire fructifier leurs entreprises. Elle appelle de ce fait leur ministère de tutelle et le conseil supérieur de la communication à se plancher sur la situation difficile que vivent les journalistes du privé. « Nous voulons préciser que cet appel n’est pas une invite à la charité ou à la compassion à notre égard, mais la prise de mesures structurelles et nécessaire s’imposant dans le cadre de notre profession » a précisé Hamidou Traoré.

Les membres du comité invitent les patrons à la pleine mise en pratique de la convention collective et tout ce que cela implique. Ils souhaitent aussi l’assurance d’une sécurité et des garanties sanitaires ainsi que des mesures spéciales dans ce contexte de pandémie. Ils ont par ailleurs lancé un appel à l’union sacrée entre journalistes du privé, des travailleurs des médias privés pour défendre leurs droits, pour lutter pour de meilleures conditions de vie et de travail.

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