« C’est un adieu chaque fois qu’il quitte la maison pour aller au front » ST, épouse d’un VDP

ST n’a pas de nouvelles de son époux depuis quelques semaines. Est-il mort ? Est-il toujours sur le champ de combat contre les terroristes ? Les questions ne cessent de tarauder son esprit. En attendant une nouvelle – bonne ou mauvaise-, ST dit prier au quotidien pour son époux devenu volontaire pour la patrie (VDP) depuis deux ans.

ST, 46 ans et mère de cinq enfants n’a plus bonne mine. Depuis quelques jours, elle n’a pas les nouvelles de son époux partie combattre les terroristes. « Mon époux faisait partie du groupe de Ladji Yoro. Il pouvait quitter la maison durant 2 à 7 jours sans nouvelles », raconte ST qui est cette fois assez inquiète. D’habitude, au bout d’une semaine son époux donnait de ses nouvelles. Cette fois-ci, c’est le silence. L’air anxieuse elle dit s’attendre à tout. « Je me considère même comme une veuve depuis que mon mari combat. Mais je suis très fière de lui. Je suis fière de le voir combattre pour libérera le pays des mains des terroristes », témoigne ST.

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Chaque fois que son époux quitte la maison, ST se sente vide. Un vide qui grandi depuis la mort de Ladji Yoro. Il y a peu de couverture médiatique sur les femmes des VDP mais elles portent un lourd poids, explique ST. « Il faut être moralement forte et faire preuve de beaucoup de courage », dit-elle.

Tout a basculé depuis son adhésion au VDP

« Tout a basculé depuis l’adhésion de mon époux dans les groupes des VDP. Avant on avait le nécessaire à la maison. Il faisait tranquillement son élevage et son jardinage. Nous vivions bien avec nos enfants au village », raconte ST la gorge nouée. Sur son site de déplacés internes, elle vend des condiments pour subvenir aux besoins de la famille. Le marché, dit-elle commence à être morose. Elle se promène avec ses enfants pour faire le ménage dans des domiciles dans l’espoir d’avoir de quoi mettre sous la dent. « Souvent on n’a presque rien à manger », dit-elle les yeux remplis de larmes.

ST et ses enfants ont dû fuir leur village après un ultimatum donné par des groupes terroristes, laissant tout derrière elle pendant que son époux était au front. Elle espère avoir de bonnes nouvelles de son époux. Bientôt.

Roseline OUATTARA/Mariam LINGANE/ Stagiaires  

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