Culture et tourisme : Youssef Ouédraogo parle à la patronne du ministère

MADAME LE MINISTRE, VOICI QUELQUES PIÈGES À ÉVITER…

À quelques heures de l’installation de la nouvelle ministre de la culture, Dr. Elise Foniyama Ilboudo/Thiombiano, j’ai joint un pionnier de la culture, tout en gardant l’anonymat, il se propose de donner quelques conseils au nouvel entrant afin qu’elle réussisse son passage au département des arts, de la culture et du tourisme. Je vous propose l’essentiel de notre entretien téléphonique…

1- Les affinités

Après votre installation officielle, un grand ballet des acteurs culturels va commencer dans votre bureau. Dans la forme, c’est bien de passer présenter ses civilités à un nouvel entrant afin qu’elle réunisse sa mission, malheureusement, ils viendront pour mieux se rapprocher de vous dans l’espoir d’avoir des privilèges que d’autres. Ils seront prêts à torpiller, à calomnier, à mentir pour atteindre leur objectif. Si vous tombez dans leurs pièges, c’est bonjour les affinités et vous vous mettrez à dos contre nombre d’acteurs. Il faut être juste pour tout le monde, pas seulement dans les paroles, mais dans les actes.

2- Pas de barrière

Les acteurs culturels seront heureux de voir à leur côté. Votre soutien ( moral, psychologique, matériel…) serait nécessaire. Vous devriez être accessible à tous et avoir le sens de l’écoute. Certes, un ministre travaille avec une équipe qui l’aide dans sa mission, mais vous devriez être partout et vous imprégner de tous les dossiers. Car l’expérience a montré que certains agents traitent les dossiers en fonction des affinités ou accointances qu’ils ont avec certains acteurs culturels. C’est selon la tête du client que le dossier est traité avec diligence ou pas. Soyez partout même s’il faut faire ombrage à certains de vos collaborateurs.

3- Garder l’establishment

Il y a des acteurs culturels, qui par leur longévité et crédibilité dans leur filières respectives, méritent considération et respect. Mais à force de leur faire la part belle en tout temps, on s’éloigne de la dynamique du changement. Autrement dit, il faudrait plus soutenir les festivals émergents, les nouveaux créateurs, les nouveaux projets pour créer une nouvelle dynamique dans tous les secteurs. Ce qui ne sous-entend pas non plus de financer à tout vent tous les projets sur votre bureau.

3- Les conseillers purement intello

La réussite d’une personne dépend de son environnement, dit-on. On dirait aussi que le bon ministre est celui où celle qui se fera bien entouré par des collaborateurs qui sont compétents, mais et surtout qui connaissent le terrain réellement. Le domaine de la culture, des arts et du tourisme est spécifique. On peut être bardé de diplôme mais ne pas connaître le milieu pour proposer une meilleure approche. Si les conseillers sont des bureaucrates avec des piles de théories, ils seront en déphasage avec les attentes des acteurs culturels. C’est pourquoi le choix des collaborateurs serait déterminant dans la réussite de votre mandat.

4- Changer pour changer

Évidemment, vous aurez besoin de mettre une équipe de confiance autour de vous pour mener à bien votre mission. Une équipe qui sera comptable de votre bilan. Ce qui suppose que vous allez remplacer certaines personnes à leurs postes. Mais les changements en cascade seront inutiles. Il y a lieu de prendre un peu de temps pour comprendre le département, connaître le profil des agents avant d’apporter du sang neuf dans la maison.

5- Le favoritisme ou clanisme

Autre chose qui pourrait être préjudiciable au bon fonctionnement du ministre, c’est le clanisme, c’est à dire travailler avec une partie des agents et laisser les autres pour compte. Cette situation naturellement provoque une adversité et ceux qui se sentent lésés travailleraient à mettre les bâtons dans vos roues. Chaque agents, quel que soit son niveau, pourrait être utile pour votre réussite au sein du ministère.

Plein succès à elle !

Cordialement

Youssef Ouedraogo

 

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