Entrepreneuriat féminin : Avec Sandra Ariane Konseiga, la passion devient un projet de vie

Gestionnaire de formation de profession, pâtissière par passion. Chez Sandra Arian, les deux univers cohabitent depuis plusieurs années. Si elle accompagne des apprenants dans son métier, c’est derrière un four, une poche à douille ou un gâteau qu’elle dit se sentir véritablement dans son élément.

Titulaire d’une Licence en Économie et Sciences de gestion, puis d’un master, la jeune entrepreneure nourrit depuis l’enfance une passion pour la pâtisserie. Une passion qui s’est transformée en véritable projet de vie après ses études universitaires.
« Quand je pâtisse, je me sens dans mon monde », confie-t-elle.
Avant de réaliser ses premiers gâteaux, Sandra a dû faire preuve d’ingéniosité. Étudiante sans ressources suffisantes pour financer une formation et acheter son matériel, elle multiplie les petites activités génératrices de revenus. Elle revend des mégas téléphoniques à partir d’un ancien téléphone de sa mère et s’associe avec un ami pour exploiter une machine de lavage de motos dans un quartier de Ouagadougou.
Pendant que son associé s’occupe du lavage, elle démarche les clients. C’est grâce à ces revenus qu’elle finance progressivement sa toute première formation en pâtisserie.« J’ai préféré apprendre auprès de professionnels plutôt que de tout apprendre seule. Être autodidacte demande beaucoup de tests, donc beaucoup de pertes. Je n’avais pas les moyens de gaspiller », de justifie -t-elle. Cette stratégie lui a permi ensuite d’investir, petit à petit, dans un matériel dont elle découvre rapidement le coût élevé.

Une passion qui pousse à toujours apprendre
Depuis ses débuts, Sandra ne cesse de se perfectionner. Elle enchaîne les formations, parfois dans des conditions très modestes, uniquement animée par l’envie d’apprendre de nouvelles techniques.Cette soif d’apprendre est d’ailleurs devenue sa marque de fabrique, au point que certaines de ses formatrices lui conseillent parfois de ralentir et de faire davantage confiance à ses compétences.
Aujourd’hui, elle propose des gâteaux d’anniversaire, de mariage, des petits fours salés et sucrés, des jus naturels ainsi que des prestations surprises mêlant musique, décoration et livraison de cadeaux. Parmi ses plus grandes fiertés figure la réalisation de sa première pièce montée de mariage, réalisée seule après une formation de perfectionnement.

Comme beaucoup d’artisans, Sandra doit composer avec des difficultés quotidiennes.
Le délestage électrique représente son principal obstacle, surtout pendant les périodes de forte chaleur où la conservation des pâtisseries devient un véritable défi. À cela s’ajoutent les difficultés liées à la livraison de produits particulièrement fragiles. Pour limiter les risques, elle encourage ses clients à commander plusieurs jours à l’avance et rêve désormais d’une installation électrique hybride qui lui permettrait de travailler sans interruption.
Autre objectif : disposer d’un livreur dédié afin d’assurer un meilleur service à sa clientèle.
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Apprendre à gérer son entreprise
Si la pâtisserie est une passion, Sandra reconnaît que gérer une entreprise demande bien plus que du savoir-faire. Son intégration au programme de mentorat Wolaf lui a permis de prendre conscience de l’importance de la discipline financière. « Avant, je mélangeais l’argent du business avec mes dépenses personnelles. Aujourd’hui, j’ai compris que l’argent de l’entreprise n’est pas mon argent », signifie -t-elle. De son avis, cette leçon transforme progressivement sa manière de gérer son activité. Elle a également bénéficié du programme CIFER, qui accompagne de jeunes entreprises portées par des femmes.
Cette distinction lui a permis d’acquérir du matériel supplémentaire, notamment un réfrigérateur, de renforcer sa communication et de financer une nouvelle formation.

Le mentorat, un tournant dans son parcours
Au-delà de la technique, Sandra Arian apprend aujourd’hui à construire une entreprise durable. Depuis plusieurs mois, elle fait partie du programme de mentorat Wolaf, une expérience qu’elle considère comme un véritable tournant. « Avant, je mélangeais l’argent de mon activité avec mes dépenses personnelles. Aujourd’hui, j’ai compris que l’argent du business n’est pas mon argent », se rappelle -t-elle. À l’entendre, cette discipline financière, qu’elle acquiert progressivement grâce au programme, lui permet de mieux suivre la rentabilité de son activité et de poser des bases plus solides pour son entreprise.
La jeune entrepreneure ne manque pas non plus de saluer celle qui l’accompagne au quotidien : sa mentor, Natacha Somé/Tiemtoré. « C’est une chance pour moi d’être mentorée par Natacha Somé/Tiemtoré. Par sa disponibilité, sa bienveillance et ses conseils, elle me pousse chaque jour à devenir une femme battante et une meilleure entrepreneure », apprécie -t-elle. Pour Sandra, le mentorat va bien au-delà des conseils technique; il constitue un véritable levier de développement personnel et professionnel.

Voir plus loin
À court terme, Sandra prépare une formation destinée aux jeunes souhaitant apprendre la fabrication de mini-bouchées, avec l’ambition de transmettre son savoir-faire et d’offrir à d’autres femmes une opportunité de créer leur propre activité. À plus long terme, elle rêve d’un local professionnel, d’un système énergétique autonome et d’une équipe capable de l’accompagner dans son développement.
« N’essayez pas de sauter les étapes. Acceptez de commencer petit, travaillez sur vous-mêmes et soyez persévérantes. Une entreprise ne peut pas être plus grande que la personne qui la dirige » : tel est son message pour les jeunes filles qui souhaitent dans la pâtisserie comme elle.
Si Sandra devait résumer son parcours en quelques mots, elle choisirait deux valeurs qui l’accompagnent depuis ses débuts : la passion et la persévérance. Selon elle, ces valeurs continuent de la guider et elle reste convaincue qu’avec de la patience, du travail et une bonne gestion, une passion peut devenir une véritable entreprise.
Annick HIEN/MoussoNews
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