Financement des PME : Comment le Fonds de garantie a ouvert la porte du crédit à près de 6 000 femmes entrepreneures

Après sept ans de mise en œuvre, le Projet d’Appui à l’Inclusion Financière et à l’Accès au Financement des PME (PAIF-PME) tire un bilan chiffré de son mécanisme de garantie de crédit. Plus de 5 900 entreprises dirigées par des femmes ont pu accéder à un financement bancaire grâce à cet outil, un résultat dépassant largement les objectifs fixés au départ. Le Coordonnateur du projet, Kientega Kaongo Wilfried Séraphin, revient sur ce dispositif et sur ce qu’il a changé pour les femmes entrepreneures burkinabè.

Un mécanisme pensé pour réduire le risque… et la méfiance des banques

Selon le Coordonnateur du projet, ce nouveau mécanisme de financement dans le paysage financier national mis en place par la SOFIGIB  à travers une convention de fiducie-gestion signée avec l’Etat a permis de réduire le risque pour les institutions financières et de faciliter l’octroi de crédits à des acteurs souvent jugés risqués, parmi lesquels de nombreuses femmes entrepreneures et exploitantes agricoles.

Des résultats qui dépassent largement les prévisions

Les chiffres avancés par le Coordonnateur témoignent d’un engouement. Au 28 février 2026, la garantie GPP avait bénéficié à 13 604 porteurs de projets, pour une cible initiale fixée à 12 000, soit un taux de réalisation de plus de 113 %.

Mais c’est surtout la place qu’occupent les femmes qui retient l’attention de la rédaction de Mousso News : sur ce total, 5 921 entreprises dirigées par des femmes ont bénéficié du mécanisme, contre une cible initiale de 4 000, soit un taux de réalisation de 148 %. En clair, près d’une entreprise garantie sur deux est portée par une femme.

Le GPP en chiffres (au 28 février 2026)

13 604 bénéficiaires au total, pour une cible de 12 000 (113,37 %) ; 5 921 entreprises dirigées par des femmes, pour une cible de 4 000 (148,03 %) ; 142 869 941 599 FCFA de financements mobilisés, contre un objectif révisé de 82 500 000 000 FCFA (173,18 %)

Femmes entrepreneurs, oui, le PIAF-PME a fortement contribué à la pérennisation de leurs activités

Le volume global des financements ainsi débloqués atteint 142,87 milliards de FCFA, contre un objectif révisé de 82,5 milliards de FCFA en fin de projet, soit un taux de réalisation de 173 %. Un niveau que le Coordonnateur attribue à la confiance progressive des institutions financières, qui se sont pleinement appropriées le dispositif, mais aussi à un suivi rigoureux des engagements des banques participantes.

Au-delà du crédit, un accompagnement pour structurer des projets bancables

Le projet n’a pas misé uniquement sur l’offre de financement. Un second mécanisme, complémentaire au GPP, a ciblé directement les porteuses et porteurs de projets pour renforcer la qualité de leurs dossiers. C’est dans ce cadre que s’inscrit la Compétition des Plans d’Affaires (CPA), dont deux éditions ont permis de sélectionner 162 lauréats — pour un objectif initial de 150 — bénéficiaires d’une subvention totale de 2,6 milliards de FCFA et d’un appui technique pour structurer leurs projets.

D’après le Coordonnateur, la CPA agit sur la qualité même des projets et permet de transformer des idées souvent informelles en projets structurés, crédibles et bancables, tout en intégrant des dimensions essentielles telles que le genre et l’innovation. Une manière de préparer les entrepreneures, avant même qu’elles ne se présentent devant une institution financière avec un dossier de demande de financement.

Kientega Kaongo Wilfried Séraphin, Coordonnateur du PAIF-PME

Sur le terrain, cet accompagnement s’est aussi traduit par des centaines de formations ciblées : 700 femmes déplacées internes des régions du Centre-Nord et de l’Est formées en entrepreneuriat et gestion des activités génératrices de revenus, 494 femmes formées en gestion d’entreprise et relation bancaire dans plusieurs régions, ou encore 575 femmes formées aux techniques de production de savon dans le Centre-Nord et l’Est.

« Sans ce mécanisme de garantie, une grande partie de ces bénéficiaires n’aurait pas pu accéder à ces financements dans de telles proportions »  — Kientega Kaongo Wilfried Séraphin, Coordonnateur du PAIF-PME

Et après ?  Quelle est la suite ?

Avec la fin programmée du projet, la question de la pérennité de ces acquis se pose naturellement. Le Coordonnateur évoque une seconde phase actuellement en réflexion, dans le cadre d’un nouveau cycle de financement, qui pourrait notamment porter sur l’ouverture d’une ligne de crédit à long terme pour le financement des PME et des entreprises. Pour les milliers de femmes entrepreneures qui ont déjà bénéficié du dispositif, ce bilan confirme une chose : lorsque les outils financiers sont pensés pour réduire les barrières structurelles, l’accès des femmes au crédit suit, et parfois même dépasse, les attentes les plus optimistes.

Mousso News — Rédaction Économie & Inclusion financière


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