Hygiène menstruelle : MoussoKaann sensibilise et offre 50 kits de serviettes hygiénique réutilisable à des bénéficiaires de la Fondation ADAJA grâce à Médecins du Monde

Lever les tabous autour des menstruations, renforcer les connaissances des jeunes filles et des femmes sur l’hygiène menstruelle et contribuer à lutter contre la précarité menstruelle. Tels sont les objectifs de la séance de sensibilisation organisée par l’Association MoussoKaann au profit des bénéficiaires de la Fondation ADAJA, à Ouagadougou le samedi 18 juillet 2026. L’activité s’est achevée par la remise de 50 de serviettes hygiéniques en collaboration avec Médecins du Monde.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle célébrée chaque 28 mai, l’Association MoussoKaann a organisé avec le soutien financier du Médecins du Monde une séance de sensibilisation sur l’hygiène menstruelle au profit des bénéficiaires de la Fondation ADAJA.
À travers cette activité, l’association MoussoKaann entend briser les tabous qui entourent encore les menstruations et renforcer les connaissances des adolescentes, des jeunes filles et des femmes sur les bonnes pratiques d’hygiène menstruelle. Pour la fondatrice de l’association, Esther Ilboudo/Sanou , l’éducation à l’hygiène menstruelle doit commencer bien avant les premières règles. « Nous, les parents, ne devons pas attendre que cette période arrive. Avant cela, nous devons commencer à communiquer avec la jeune fille sur ce que sont les règles, comment gérer l’hygiène menstruelle et lui donner toutes les informations nécessaires », a-t-elle rappelé.

Au cours de la séance, les participantes ont été sensibilisées sur le cycle menstruel, les bonnes pratiques d’hygiène, les différents types de protections hygiéniques, notamment les serviettes lavables et réutilisables, ainsi que sur les solutions permettant de soulager les douleurs menstruelles. La présidente de l’association ainsi que d’autres membres ont apporté des explications sur la gestion de l’hygiène menstruelle et partagé des conseils pratiques pour mieux vivre cette période.

Partenaire financier de cette journée de sensibilisation, Médecins du Monde (MDM) a réaffirmé son engagement en faveur de la santé et de la dignité des femmes et des jeunes filles. À l’issue de la séance de sensibilisation, le représentant de MDM, Traoré Casimir, Data manager, s’est réjoui de la forte mobilisation des bénéficiaires et de leur participation active aux échanges. « Notre objectif, à la fin de cette sensibilisation, est que chaque fille soit bien informée et qu’elle puisse préserver sa santé et sa dignité dans la gestion de son hygiène menstruelle », a-t-il déclaré.

Il a salué le travail mené par l’Association MoussoKaann et la Fondation ADAJA, tout en rappelant que l’hygiène menstruelle constitue une question essentielle de santé publique et de dignité humaine. « C’est un sujet qui nous tient particulièrement à cœur à Médecins du Monde, parce qu’il concerne la santé, mais aussi la dignité des femmes », a-t-il souligné, encourageant les participantes à mettre en pratique les connaissances acquises et à les partager autour d’elles.
Accueillant cette activité dans ses locaux, la Fondation ADAJA a salué une initiative qui répond aux besoins de ses bénéficiaires. Dans son allocution, la cofondatrice Elienai Diendéré/Delma a remercié l’Association MoussoKaann, la mairie de l’arrondissement 3 de Ouagadougou ainsi que l’ensemble des partenaires pour leur engagement.

Elle a rappelé que la Fondation ADAJA accompagne des femmes, des jeunes filles, des enfants et des familles en situation de vulnérabilité à travers trois principaux axes d’intervention : un centre social, un centre de formation professionnelle reconnu comme référence en teinture au Burkina Faso et l’Association Tiligré pour le développement.
Selon elle, la fondation a déjà formé plus de 5 000 bénéficiaires à différents métiers et contribué à la scolarisation de plus de 1 000 enfants. Face au contexte sécuritaire et humanitaire, elle estime que les besoins des femmes et des adolescentes sont grandissants, notamment en matière d’hygiène menstruelle. « Les menstruations sont un phénomène naturel. Elles ne doivent jamais être synonymes de honte, de peur ou de discrimination », a-t-elle insisté, invitant les participantes à s’approprier les connaissances partagées au cours de la séance.
La représentante du Président de la Délégation spéciale de l’arrondissement 3 de Ouagadougou, Séraphine Diallo/Sow a, pour sa part, salué une initiative qui contribue à sensibiliser, informer, former et éduquer les jeunes filles sur la gestion de leurs menstruations.

Point d’orgue de la journée, 50 kits de dignité à des bénéficiaires de la Fondation ADAJA
Le moment attendu de la journée, a été la remise de 50 kits de serviettes hygiéniques aux bénéficiaires de la Fondation ADAJA. À l’issue de cette séance, plusieurs participantes ont exprimé leur satisfaction. Témoigne Sawadogo, mère de famille, affirme que cette séance a changé son regard sur les menstruations. « Je voyais ça comme de la honte. Mais avec cette sensibilisation, je suis ouverte au sujet. Maintenant, je voudrais vraiment apprendre à confectionner nous-mêmes les serviettes hygiéniques. Ça va vraiment nous aider », a-t-elle souligné.
Même enthousiasme, Djiguemdé Laoussa une jeune bénéficiaire de la Fondation ADAJA, qui dit ressortir de la séance plus confiante. « Avant cette sensibilisation, je ne connaissais pas beaucoup de choses sur les règles et je n’osais pas poser de questions. Aujourd’hui, j’ai appris comment bien gérer mon hygiène menstruelle et je n’aurai plus honte d’en parler », a-t-elle témoigné.
Au-delà de cette séance de sensibilisation et de la remise des 50 kits de dignité, l’initiative pourrait se poursuivre. La Fondation ADAJA prévoit d’organiser, dans les prochaines semaines, une formation pratique à l’intention de ses pensionnaires sur la confection de serviettes hygiéniques lavables et réutilisables. L’objectif est de leur permettre d’acquérir un savoir-faire utile, de réduire les coûts liés à l’achat de protections menstruelles et de renforcer leur autonomie face à la précarité menstruelle.
Annick HIEN/MoussoNews
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