Larmes de veuves et de mères

Lalé, l’unique fils de Binta parmi ses 5 enfants. Après le décès de son époux, elle devrait s’occuper toute seule de ses enfants. Leurs scolarités et leur bien-être étaient chaque jour un défi pour Binta. En 2015, Lalé réussit au test d’entrée à l’armée burkinabè. Deux ans après, il finit sa formation. L’espoir de la famille, il commence à soutenir Binta dans la prise en charge de ses sœurs. Tout va à merveille dans la famille de Binta, fière d’avoir assuré l’éducation de ses enfants.

En 2018, Lalé entame un petit chantier de construction dans l’espoir d’offrir un toit à la hauteur des efforts de sa maman chérie. Avec son épouse et son fils de moins d’une année, la famille se bat comme elle peut pour s’offrir une vie commode. Chaque fois que Lalé doit aller au front ce sont des prières et des bénédictions de sa maman et son épouse qui l’accompagnent. Malheureusement un jour sombre sous le ciel du Burkina, Lalé tombe les armes à la main lors d’une attaque de bandits qui se cachent sous l’infâme cagoule d’une fausse et blasphématoire allégeance à Dieu.    Binta et l’épouse de Lalé n’ont plus de larmes.

Binta et Lalé sont fictives. Malheureusement, leur histoire ne l’est pas et elle est vécue par de nombreuses familles depuis que le staccato des armes du terrorisme frappe le Burkina. De nombreuses mamans et épouses de soldats tombés au front pleurent.

Certes, s’engager sous le drapeau, c’est renoncer à sa vie pour faire vivre la patrie. Elles le savent. Nous le savons toutes et tous.

Mais les larmes sont au bord de l’épuisement. Et dans le silence, elles implorent qu’une main responsable arrête ce chapelet macabre.

La Rédaction

 

 

 

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