Lutte contre le paludisme : Des « Kampougdba » mobilisées pour changer les comportements

À l’occasion de la Journée mondiale du paludisme 2026, l’Association Vision Nouvelle (AVN), avec l’appui de l’initiative Voix Essentielles, Femmes et Paludisme, a réuni des femmes leaders communautaires et religieuses du secteur 9 de l’arrondissement 2 de Ouagadougou. Objectif : faire des « Kampougdba », des relais et des ambassadrices de la prévention et de la prise en charge du paludisme.

A Ouagadougou, des femmes leaders communautaires ont renforcé leurs connaissances sur le paludisme, ses modes de prévention et sa prise en charge. Organisée par l’Association Vision Nouvelle (AVN), cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Voix Essentielles, Femmes et Paludisme », porté avec l’ONG Speak Up Africa.

des femmes leaders communautaires et religieuses du secteur 9 de l’arrondissement 2 de Ouagadougou

Placée sous le thème « Mettre fin au paludisme : maintenant, c’est possible. Agissons maintenant », l’activité mise sur le rôle stratégique des femmes dans les communautés pour accélérer les changements de comportement face à la maladie.

Le projet s’inspire du modèle des « Kampougdba » qui signifie tante en mooré, elles occupent une place d’écoute, de médiation sociale et de transmission des valeurs au sein des familles et des communautés. Pour les organisateurs, leur influence peut contribuer à renforcer l’adhésion des populations aux mesures de prévention contre le paludisme.

Au cours de la formation, plusieurs idées reçues ont été abordées. Tenue sur 2 jours, la 1re communiaction, déroulée le 9 mai 2026 aporté sur la connaissance de la maladie. A savoir les causes, les moyens de préventions, les conséquences… La seconde tenue le 10 mai, a porté sur le leadrship féminin face à la lutte contre le paludisme. proL

Dans cet volet, il a été de déconstruire les idéologies reçues sur les traitements de paludisme. Parmi elles, les réticences liées au vaccin contre le paludisme administré aux enfants de moins de cinq ans, parfois perçu comme une « invention du blanc », ou encore les craintes autour des traitements préventifs destinés aux femmes enceintes, accusés à tort de provoquer la stérilité.

Grâce à l’accompagnement du district sanitaire de Baskuy, les participantes ont reçu des informations jugées fiables sur la maladie. Des outils pédagogiques, notamment des « boîtes à images », ont également été présentés pour faciliter les séances de sensibilisation dans les quartiers.

L’objectif, selon les initiateurs, est d’encourager les familles à adopter durablement de bons comportements : utilisation des moustiquaires, adhésion aux campagnes de chimioprévention saisonnière, lutte contre les gîtes larvaires et recours rapide aux centres de santé en cas de symptômes.

« Nous croyons que ces femmes constituent des forces vives au niveau de la communauté », explique Irène Zoungrana, présidente de l’Association Vision Nouvelle, porteuse de l’initiative . Engagée depuis 2025 avec l’ONG Speak Up Africa dans la lutte contre le paludisme, elle affirme que l’association a choisi de renforcer les capacités des femmes leaders afin qu’elles puissent sensibiliser les chefs de ménage et promouvoir les bonnes pratiques de prévention.

Irène Zoungrana, présidente de l’Association Vision Nouvelle, porteuse de l’initiative

Elle souligne également que la mobilisation a dépassé les attentes des organisateurs. « Au départ, nous avons voulu engager une vingtaine de femmes. Finalement, environ une soixantaine ont répondu présent », s’est-t-elle réjoui au regard de la forte participation des femmes dans la lutte contre le paludisme.

Parmi les participantes, Isabelle Compaoré, issue d’un milieu religieux, elle retient surtout les enseignements pratiques reçus durant les échanges. « Nous avons beaucoup appris dans la lutte contre le paludisme, les différentes méthodes et surtout l’engagement des femmes à participer à ce combat », confie-t-elle.

Isabelle Compaoré

Habitante d’une zone qu’elle décrit comme marécageuse, traversée par des canaux, elle reconnaît que la prolifération des moustiques constitue un défi quotidien pour les populations. Mais elle reste convaincue que les efforts communautaires peuvent produire des résultats.

Face aux préjugés qui entourent certains traitements et vaccins, elle invite les populations à faire confiance aux structures sanitaires. « Dormir sous la moustiquaire est vraiment la meilleure solution », affirme-t-elle. Elle a tenu à encourager les malades à se rendre dans les CSPS plutôt que de se limiter aux décoctions traditionnelles dont les dosages ne sont pas souvent maîtrisés.

Lire aussi: Paludisme : Les femmes, voix essentielles pour l’élimination – Mousso News

À travers cette initiative, les organisateurs veulent faire des Kampougdba des relais communautaires capables de porter un discours de proximité dans les familles. Surtout être des ambassadrices de cette lutte auprès des chefs de famille, pour favoriser à la compréhension des pratiques adéquates de lutte contre la maladie, à savoir, éviter les eaux stagnantes, dormir sous des moustiquaires imprégnées. Surtout favorisé l’accès aux soins de précautions aux femmes enceintes, allaitantes et les nourrissons.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews

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