Ouaga : Amants, ils inventent un viol afin d’obtenir un document autorisant un avortement

Alima et Ibrahim ont comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I, le mercredi 8 avril 2026. Ils sont poursuivi pour des faits de tentative de délivrance indue de document public et d’incitation à la commission de crime ou de délit.

L’histoire remonte à 2025, lorsque Alima et Ibrahim, anciens amoureux, se retrouvent après plus de 20 ans de séparation. À cette époque, Ibrahim, veuf, et Alima, qui se présentait comme célibataire, renouent leur relation.

Début mars 2026, Alima découvre qu’elle est enceinte. Elle avoue alors à Ibrahim qu’elle est en réalité mariée, précisant que son époux vit à l’étranger. Pour interrompre la grossesse, les deux amants montent un faux scénario de viol afin d’obtenir une autorisation du parquet pour une interruption médicalisée.

Mais l’enquête ouverte à la suite de leur demande révèle la supercherie, confirmée par des audios retrouvés dans leurs téléphones. Ils sont alors interpellés et placés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).

À la barre, Alima reconnaît avoir participé à la mise en scène, invoquant la peur de perdre son foyer et de préserver ses enfants. Ibrahim, de son côté, admet être à l’origine de l’idée, précisant qu’ils souhaitaient une interruption de grossesse dans un cadre médical. Il affirme toutefois qu’il ignorait au départ que Alima était mariée.

Le procureur a vivement dénoncé un mensonge grave : « Vous êtes venue mentir à l’autorité judiciaire en évoquant un viol inexistant. Nous avons des affaires sérieuses à traiter », a-t-il déclaré.

Dans ses réquisitions, le parquet a requis contre chacun des prévenus 24 mois de prison, dont 12 mois ferme, une amende d’un million FCFA, ainsi que la confiscation du téléphone ayant servi à monter le scénario.

L’avocat d’Ibrahim a plaidé la clémence, évoquant un moment de faiblesse et de confusion. Tout en reconnaissant la gravité des faits, il a souligné les regrets exprimés par les prévenus et les leçons tirées de leur détention, sollicitant leur mise en liberté afin qu’ils puissent faire face à la situation, notamment à la grossesse.

En dernier mot, Alima a demandé pardon, affirmant avoir déjà perdu son foyer. Ibrahim a, quant à lui, exprimé de profonds regrets, évoquant la situation de ses enfants restés seuls à la maison.

Dans sa décision, le Tribunal de grande instance de Ouaga I a reconnu Alima et Ibrahim coupables. Ils ont été condamnés à 12 mois de prison avec sursis et à une amende de 500 000 FCFA chacun, dont 250 000 FCFA ferme. Le tribunal a également ordonné la confiscation du téléphone ayant servi à la commission des faits.

Audrey Rouamba (Stagiaire) / MoussoNews

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