Ouagadougou : Au marché de sacrifice de Patte d’Oie, les mendiants se font de plus en plus rares

Les étals de sésame, de galettes, de tissus blancs et rouges, de cauris et d’autres objets destinés aux sacrifices sont bien en place au marché de Patte d’Oie. Les clients vont et viennent comme à l’accoutumée. Mais un élément du décor semble avoir disparu. Les longues rangées de mendiants qui occupaient autrefois les abords du marché se font désormais rares.

Le long du mur, sur les trottoirs ou en bordure de la route, les silhouettes familières des jeunes, des femmes, des personnes âgées, ainsi que des mères de jumeaux ou de jumelles, sont de moins en moins visibles. Pendant longtemps, ce marché était connu non seulement pour ses articles destinés aux sacrifices, mais aussi pour la présence de nombreux mendiants auxquels les visiteurs remettaient une aumône dans le cadre de leurs pratiques.

Aujourd’hui, les vendeuses de sésame, de galettes, de tissus rituels, de cauris et d’autres objets liés aux sacrifices exercent dans un environnement où les mendiants ont presque disparu. « Souvent, tu cherches un mendiant à qui faire ton sacrifice, mais tu n’en trouves pas. Tu fais le tour et il n’y a personne », confie Boureima, rencontré sur les lieux.

Pour certains habitués, trouver une personne à qui remettre une aumône demande désormais plus de temps qu’auparavant. D’autres repartent sans avoir trouvé de bénéficiaire. « Ils viennent de moins en moins. Ils se cachent. Si la Brigade Laabal fait un contrôle par surprise et qu’elle les trouve, elle les embarque pour travailler à Faso Mêbo », témoigne Bintou, une des vendeuses sur les lieux.

La mendicité est interdite au Burkina Faso depuis 2024, conformément à une décision du ministère en charge de la Famille. Les autorités estiment que cette pratique porte atteinte à la dignité des personnes et compromet leur sécurité, en particulier celle des enfants. Depuis, les actions de lutte contre la mendicité se sont intensifiées dans la capitale.

Le même constat est visible aux principaux feux tricolores de Ouagadougou. Les petits groupes d’enfants et de femmes qui s’approchaient autrefois des vitres des véhicules pour solliciter une pièce sont devenus rares.

Dans ce cadre, la Brigade Labaal mène régulièrement des opérations visant les personnes en situation de mendicité, quel que soit leur âge. Ces interventions contribuent à modifier progressivement le visage de plusieurs espaces publics, dont le marché de sacrifice de Patte d’Oie.

Lire aussi : https://www.moussonews.com/marche-de-sacrifice-de-patte-doie-un-refuge-pour-des-femmes-deplacees-internes/

Désormais, ce sont des mains tenant des fleurs de lotus, des sachets d’arachides, du beurre de karité ou encore des lianes qui se tendent vers les automobilistes. À chaque arrêt au feu rouge, les vendeuses circulent entre les files de véhicules en proposant leurs produits, remplaçant progressivement les gestes de mendicité par une activité commerciale.

Du marché de sacrifice de Patte d’Oie aux grands carrefours de la capitale, le paysage urbain évolue. Les visages de la mendicité, autrefois omniprésents dans ces espaces, cèdent progressivement la place à d’autres formes d’activités de rue.

Annick HIEN/MoussoNews


En savoir plus sur Mousso News

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Partagez

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Mousso News

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture