REMA 9 : « Followers, de passif à actif », un appel à transformer les abonnés en public

La 9e édition des Rencontres musicales africaines (REMA) a été officiellement lancée le mercredi 21 octobre 2026 à Ouagadougou. Placée sous le thème « Followers, de passif à actif », cette édition veut encourager le public à aller au-delà des likes sur les réseaux sociaux pour soutenir concrètement les artistes africains. Deux jours de concerts, des rencontres professionnelles et des activités dédiées aux enfants sont notamment au programme.

Pour Alif Naaba, promoteur des REMA, l’enjeu de ce grand rendez-vous, est de transformer l’intérêt manifesté en ligne pour les artistes en un soutien réel à leur carrière. Le thème de cette édition pose ainsi la question de la conversion des abonnés en consommateurs de musique et en spectateurs de concerts.

Cérémonie de lancement des REMA 9

« C’est comment faire de sorte que nos followers, ils dépassent le simple like et qu’ils aillent jusqu’à l’achat, acheter les albums des artistes, streamer les albums des artistes, voir les vidéos des artistes burkinabè et venir aux concerts des artistes burkinabè », explique-t-il.

Alif Naaba, promoteur des REMA

Le promoteur reconnaît que ce changement peut prendre du temps, mais estime qu’il est nécessaire pour renforcer l’industrie musicale. Les échanges prévus durant les REMA doivent notamment permettre de réfléchir aux solutions pour rapprocher les artistes de leur public et encourager la consommation des productions locales.

2 jours de concerts et plusieurs innovations

Pour cette 9e édition, les organisateurs ont opté pour une soirée de lancement plutôt que pour la traditionnelle cérémonie d’ouverture en matinée. Alif Naaba a annoncé également 2 jours de concerts, contre une seule journée lors des éditions précédentes.

La scénographie doit prendre place dans la cour du site afin d’accueillir un public nombreux. Autre nouveauté annoncée : un système de paiement sans espèces, dit cashless, destiné à fonctionner sur l’ensemble de l’espace.

Au total, 18 pays sont représentés à cette édition. Les artistes sont programmés sur les grandes scènes, mais également à travers plusieurs activités, dont les Focus Burkina, les rencontres « Jeunes en action » et les panels du forum.

Le promoteur souligne par ailleurs la volonté de mettre en avant les talents burkinabè. Les concerts du samedi seront consacrés à la musique burkinabè, avec l’ambition de donner davantage de visibilité aux jeunes artistes et de favoriser les connexions professionnelles.

Les REMA prévoient des communications sur l’IA, des B2B, un espace dédié aux enfants, le « REMA Village enfants ». Le samedi 24 octobre, de 14 heures à 17 heures, des contes, des spectacles et des jeux seront proposés gratuitement aux enfants. Le promoteur invite les familles à prendre part à cette activité.

Lire aussi: L’Elue 111 aux REMA 2026 : 40 minutes pour faire voyager le public dans son univers musical – Mousso News

Le ministère en charge de la Culture salue un rendez-vous culturel majeur

Représentant du Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Michel Saba, chargé de mission auprès du Ministère, a salué la place prise par les REMA dans l’agenda culturel régional et international.

Pour le chargé de mission, cette rencontre contribue à la construction et au renforcement de l’industrie musicale africaine. Il juge également pertinent le thème de cette édition, qui appelle les publics à soutenir davantage les artistes afin qu’ils puissent vivre de leur travail.

« Nous sommes venus pour féliciter les REMA qui, pour une 9è édition, montrent un exemple de résilience, un exemple de combativité », a-t-il déclaré.

Représentant du Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Michel Saba, chargé de mission auprès du Ministère

L’Union européenne réaffirme une fois de plus son engagement pour la promotion de la Culture

L’Ambassadeur de l’Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain, a pour sa part rappelé l’ancienneté de l’engagement de son institution en faveur de la culture burkinabè. Selon lui, le soutien aux initiatives culturelles permet de leur donner davantage de visibilité, notamment grâce aux réseaux de diffusion de l’Union européenne, et contribue à renforcer leurs capacités.

L’Ambassadeur de l’Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain

Il a également insisté sur la nécessité de considérer la musique comme une industrie à part entière. Il a notamment relevé les écarts de revenus générés par les écoutes en ligne entre les artistes africains et leurs homologues américains, pour un nombre de clics comparable.

À ses yeux, l’amélioration de la réputation et de la visibilité de la musique africaine peut contribuer à attirer davantage de sponsors et à renforcer les moyens des acteurs du secteur.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews


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