TGI Ouaga 1: Un militaire risque la prison à vie après avoir ôté la vie à la femme suite à des soupçons d’infidélité

Le jeudi 12 mars 2026, Bola, militaire d’élite, marié et père de deux enfants, a comparu devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance Ouaga I pour répondre des faits d’assassinat de Ata, sa compagne. Courant l’année 2025, les habitants du quartier Zongo de Ouagadougou ont été terrifiés par un drame.
Bola, militaire en fonction, et Ata vivaient une relation amoureuse depuis plusieurs années. Au fil du temps, Bola soupçonne Ata d’infidélité. Les disputes deviennent fréquentes, tout comme les réconciliations. Le soir des faits, une nouvelle dispute éclate à propos de l’infidélité supposée de Ata avec Bili. Ata aurait alors annoncé la fin de leur relation. Bola décharge six balles sur elle.
Explications ce jeudi 12 mars 2026 devant la chambre criminelle.
« Je l’aimais », affirme l’accusé
« Dites-nous ce qui s’est passé ? », demande le tribunal à Bola.
« J’étais sur le théâtre des opérations. Je l’aimais. Je l’ai beaucoup aidée. Entre-temps, j’ai appris des cas d’infidélité lorsque je n’étais pas là », répond-il.
« Et le jour des faits ? »
« Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je l’ai appelée pour que nous discutions et que nous nous entendions. »
« Vous avez tiré sur elle jusqu’à six balles ? »
« Je ne savais pas que les tirs se dirigeaient vers elle. Il faisait nuit. »
« Pourquoi la mère de la victime vous a-t-elle appelé pour connaître la position de sa fille et vous avez répondu qu’elle n’était pas avec vous ? »
« J’avais peur. »
Le procureur relève plusieurs incohérences
Le procureur interroge alors Bola :« L’endroit était-il fréquenté au moment des tirs ? »
« Il faisait nuit. »
« N’était-ce pas un acte délibéré ? »
Silence.
« Portez-vous une arme lorsque vous allez chez votre amie ? »
« Oui. La zone est dangereuse et mon statut me permet de porter mon arme en permanence. »
« En partant, saviez-vous qu’il y avait un danger ? »
« C’est elle qui m’a appelé. »
« Lorsque vous lui avez tiré dessus une première fois, est-elle tombée ?
« Non. »
« Êtes-vous normal ? »
Silence.
« Répondez. »
« La nuit, j’entends parfois quelqu’un m’appeler. Le jour des faits, je n’ai pas su comment cela s’est passé. »
« Les examens psychiatriques prouvent pourtant que vous êtes normal. Vous arrive-t-il d’être violent ? »
« Non. »« Est-ce parce qu’elle vous a annoncé la fin de la relation que vous lui avez tiré dessus ? »
« Non. »
« Aviez-vous planifié votre acte ? »
« Non. »
La défense évoque une rupture difficile
L’avocat de l’accusé prend ensuite la parole : « C’est l’amour qui a conduit à cette situation. Votre relation était marquée par des crises et des réconciliations. La nuit des faits, elle vous a dit qu’elle entretenait une relation avec l’un de vos amis, que la grossesse avait été interrompue et qu’elle ne voulait plus poursuivre votre relation »
« Oui », répond l’accusé.
« Lorsque vous avez sorti votre arme, vous n’avez pas réfléchi ? »
« Oui. »
« Consommez-vous de l’alcool ? »
« Je prends de l’alcool pour surmonter certaines difficultés et renforcer mon moral. »
Le père de la victime face à l’accusé
L’avocat de l’accusé s’adresse ensuite au père de la victime : « Est-ce que la famille de Bola est venue demander pardon ? »
« La famille est venue. Je leur ai dit d’aller au village. Et puis je ne connais pas Bola », répond le père de Ata.
« Moi, je le connais », réagit l’accusé. « C’est quand je ne suis pas là », réplique le père de la victime.
Le corps abandonné dans une décharge ?
Le tribunal revient à l’accusé : « Qu’avez-vous fait du corps après l’avoir tuée ? »
« J’ai pris Ata et j’ai constaté qu’elle était morte. Quelqu’un m’a alors dit qu’il y avait un problème et de laisser le corps sur place et qu’il allait s’en occuper. »
« Vous pensiez que cette personne était normale ? »
« C’est ce qu’elle m’a dit. »
Selon le témoignage d’une personne présente sur les lieux, sans être vue, dont le procès-verbal a été lu à l’audience : « Lorsqu’il a tiré plusieurs coups sur la dame, il a pris le corps et l’a jeté dans une décharge. Il est ensuite revenu sur les lieux. J’ai appelé la gendarmerie qui m’a conseillé de bien conserver mes éléments d’information. La gendarmerie est effectivement arrivée par la suite. »
Selon le témoignage de l’épouse de l’accusé, également lu dans un procès-verbal : « Il est sorti la nuit des faits en disant qu’il allait à la boutique. Lorsqu’il est revenu, je dormais. »
La partie civile réclame plus de 60 millions de FCFA
Dans sa plaidoirie, l’avocat de la partie civile déclare : « Bola est poursuivi pour des faits d’assassinat. Vous constatez aujourd’hui à la barre qu’une personne manque : Ata.
Ils étaient en relation. Elle lui a annoncé la fin de leur histoire. Il a démarré sa moto et l’a appelée pour la rencontrer dans un lieu obscur. Six tirs ont été effectués. C’était pour qu’il n’y ait plus de solution. »
L’avocat estime que l’accusé a utilisé son arme de service pour ôter la vie à une citoyenne et demande la condamnation de l’État à verser 30 millions de FCFA à l’enfant de la victime, 15 millions de FCFA au père, 15 millions de FCFA à la mère ainsi que 3 millions de FCFA au titre des frais exposés.
Le parquet requiert la perpétuité
Dans ses réquisitions, le ministère public soutient : « Les faits dépassent une simple réaction d’humeur. Il s’agit d’une action planifiée et réfléchie. »
Pour le parquet, la rencontre a été préparée, le lieu choisi était isolé et l’accusé avait pleinement conscience de la portée de son acte.
« Les faits d’assassinat sont entièrement caractérisés. Qu’il vous plaise de le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité. »
L’État refuse d’endosser la responsabilité
Pour l’Agent judiciaire de l’État (AJE) : « Une âme a été perdue et nous demandons pardon. Toutefois, l’État doit-il être tenu responsable de tous les actes commis par ses agents ? »
L’AJE soutient que le militaire a utilisé son arme en dehors de tout cadre réglementaire et demande au tribunal d’écarter la responsabilité civile de l’État.
Lire aussi: TGI Ouaga 1 : Il tue sa femme qu’il suspecte d’infidélité et aussi leur bébé de 21 jours – Mousso News
La défense plaide la requalification en meurtre
L’avocat de Bola sollicite une requalification des faits : « Mon client n’a jamais pensé mettre fin à la vie de son amie. Nous demandons une requalification des faits en meurtre. »
Selon lui, il n’y a pas eu de préméditation. L’accusé aurait agi sous le choc de l’annonce de la rupture, de l’existence d’une autre relation et de l’interruption d’une grossesse.
« L’impulsion est humaine. Quand on aime, on n’est plus toujours raisonnable », plaide-t-il.
La défense invite également le tribunal à tenir compte de la situation familiale de l’accusé, père de famille, ainsi que de son parcours militaire. « Je demande pardon à la famille »Pour son dernier mot, l’accusé déclare :« Je demande pardon à la famille. Je sollicite votre clémence. »
Source: ZoodoMail
En savoir plus sur Mousso News
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



