Toastmaster/Tribune Open Mic : Le projet de Fatoumata pour son niveau 5

La première cohorte du programme, la Tribune Open Mic a été présentée le samedi 15 novembre 2025 à Ouagadougou. Il est porté par la Toastmaster Fatoumata Traoré et a réuni 15 inscrits issus des divisions B&E du District 130.

La Tribune Open Mic est le projet de Fatoumata Traoré, une suite pour un High Performance Leadership (HPL), équivalent du niveau 5 de sa formation en leadership dynamique. Ce niveau ultime l’invite à transformer une vision personnelle en un projet concret. « Il s’agissait de traduire une vision en réalité », explique-t-elle.
Le processus se déploie en 3 étapes : Présenter sa vision devant son club et constituer les comités ; réaliser le projet, matérialisé par la Tribune Open Mic ; revenir faire le bilan, partager les leçons apprises et évaluer l’impact.

Pour Fatoumata, cette tribune représente l’aboutissement d’un programme lancé entre les divisions B et E, couvrant les 12 marchés du Burkina. Entre le 3 septembre et le 19 octobre, des dizaines de leaders ont suivi une formation intensive, théorique et pratique, visant à renforcer leurs compétences scéniques, émotionnelles et techniques.
Open Mic : un laboratoire d’expression pour 12 modules de transformation
Selon Hervé Yao, chargé de la qualité des programmes de la division E, le programme Open Mic répond à un besoin réel.
« Beaucoup de membres n’avaient pas un cadre pour pratiquer en profondeur, surtout le côté laboratoire », révèle t-il.

De cette observation est née l’idée d’un programme sur 6 semaines, bâti autour de 12 modules, parmi lesquels la gestion du trac, la structure d’un discours, la posture et la gestuelle, l’écriture d’un discours mémorable, le choix des mots pour créer l’émotion, la rédaction d’un discours de concours, la transition du club à la scène publique. « Ouvrir le micro, ouvrir la voix », résume Hervé.

En effet, le programme Open Mic a attiré près de 150 inscrits via la plateforme Toastmasters. Finalement, une soixantaine ont validé l’ensemble du programme et 15 candidats seulement ont été retenus pour monter sur scène. « On ne peut pas faire passer 150 orateurs sur une soirée. Ces 15-là sont un échantillon, mais un échantillon représentatif », explique Hervé Yao.
Les défis : mobiliser, coordonner, inspirer
Pour la réalisation de son projet, Fatoumata Traoré parle d’un défi autant humain qu’organisationnel. « Être PCO, c’est conduire plusieurs activités et on ne peut pas être partout à la fois », fait-elle remarquer.
Heureusement, elle a pu compter sur des comités engagés dont un comité d’orientation pour conseils, stratégies, validation des choix ; un comité d’éducation pour supervision du niveau des orateurs, un comité communication pour informer, mobiliser, une logistique et finances pour trouver les moyens, assurer le confort et la fluidité. « Je suis une PCO chanceuse », reconnaît-elle, saluant l’engagement de ses leaders.

Une tribune marquante : émotions, maîtrise et dépassement
Parmi les 15 participant.e.s, Amandine Mariam Yoda, Toastmaster depuis 2017 et figure des clubs anglophones, affiche son admiration. « C’était du waouh. J’ai été impressionnée par les discours, par la transformation visible de plusieurs toastmasters. Si Open Mic n’avait pas existé, il fallait le créer », témoigné -t-elle toute anthousiaste.

Pour elle, cette tribune n’est pas qu’une performance ; elle représente un outil rare d’amélioration continue, notamment sur la prise de scène, les figures de style, et la gestion de la présence scénique.
Amandine encourage ceux qui souhaitent rejoindre Toastmasters à visiter plusieurs clubs et à intégrer celui qui correspond à notre disponibilité.
Kalizéra Ouédraogo, l’une des orateurs a également témoigné de son parcours. « J’étais tentée de désister. Je me demandais pourquoi je m’étais mise dans une telle situation. Mais c’est justement pour cela que nous rejoignons Toastmasters :
pour arrêter de fuir », a-t-elle dit toute motivée. À l’issue de sa prestation, un seul mot résume son ressenti : « Grandir. Grandir et grandir ».

Tribune Open Mic et quelle suite pour les orateurs ? L’ aventure ne s’arrête pas à la tribune. Hervé Yao rappelle que le but est désormais de continuer à pratiquer dans les clubs, d’appliquer les techniques dans la vie professionnelle, de maintenir la motivation née de ces 6 semaines, de poursuivre un développement continu.
De son avis, aucun certificat n’est délivré pour ce programme, car la récompense est ailleurs dans la transformation intérieure, la confiance retrouvée et les compétences acquises.
Annick HIEN/MoussoNews



