Ziniaré : Un espace vert devient entièrement un outil d’apprentissage

À Ziniaré, un espace vert de 4 065 m² invite les visiteurs à découvrir les multiples richesses des ressources naturelles. Plus qu’un jardin, ce site est conçu comme un cadre de sensibilisation à la protection de l’environnement, à l’agroécologie et à la valorisation des espèces végétales locales. Plus de 200 espèce de plantes s’y trouvent.

Pensé comme une ferme intégrée, il rassemble plusieurs espaces où arbres, cultures, techniques agricoles et savoirs traditionnels se côtoient.

Le premier compartiment est consacré au jardin nutritif. On y retrouve notamment des baobabs, des moringas et d’autres espèces associées à des cultures d’arachides. Cette association permet d’améliorer naturellement la fertilité du sol grâce à l’azote fixé par les légumineuses. Les feuilles de baobab et de moringa, très appréciées par les habitants, figurent parmi les productions les plus connues du site.

Une pépinière qui privilégie les espèces locales

Le site abrite également une pépinière forestière où sont produits de nombreux plants, avec une priorité donnée aux espèces locales. La régénération naturelle y est également encouragée : les jeunes arbres qui poussent spontanément sont conservés lorsqu’ils ne gênent pas les aménagements.

Baobab, néré, cailcédrat et plusieurs autres espèces utilisées dans la pharmacopée traditionnelle, l’alimentation ou l’artisanat y sont entretenues.

Salifou Ouédraogo, technicien forestier, il veille sur cet espace.

Selon le technicien forestier Salifou Ouédraogo, l’objectif est de privilégier des espèces utiles aux populations, aux animaux et à la biodiversité. Il rappelle également que les arbres jouent un rôle important dans l’atténuation des effets du changement climatique en captant le dioxyde de carbone et en contribuant à la création d’un microclimat.

Un espace dédié à la pisciculture

Une partie du site est réservée à un futur espace piscicole. Des haies brise-vent ont déjà été installées afin de protéger les futurs étangs contre les vents violents et les fortes chaleurs. Des aquariums sont également prévus afin de permettre aux enfants d’observer les poissons et de mieux comprendre leur environnement.

Un cadre d’éducation environnementale

Le site comprend un vaste hangar destiné aux activités de sensibilisation. Des documentaires consacrés à la biodiversité, aux bonnes pratiques agroécologiques et à la gestion durable des terres y seront projetés.

Des conférences animées par des spécialistes sont également prévues, tandis qu’un espace de jeux aménagé sous les arbres permettra aux enfants de découvrir, dès leur plus jeune âge, les notions d’écosystème et de protection de l’environnement.

Des cases pour valoriser les ressources végétales

4 cases rondes, construites essentiellement avec des matériaux naturels, viendront compléter le site. Elles seront consacrées à la valorisation des produits issus des arbres et des plantes : jus et thés à base de fruits, plantes médicinales, produits artisanaux fabriqués à partir d’extraits végétaux ainsi que mets traditionnels préparés avec des feuilles, des racines ou d’autres produits forestiers.

L’espace applique également le principe du recyclage. Les résidus végétaux sont transformés en compost, servent à l’alimentation animale ou sont valorisés sous forme de charbon écologique afin de réduire la consommation de bois-énergie.

Le site met aussi en avant les propriétés de certaines espèces. Le cailcédrat, par exemple, est reconnu en pharmacopée traditionnelle. Ses racines sont utilisées dans le traitement de certaines plaies chroniques tandis que ses feuilles entrent dans diverses préparations thérapeutiques.

Une initiative portée par une coopérative majoritairement féminine

Cet espace est aménagé par la Société coopérative simplifiée des Soldats, Pompiers et Amis de la Nature, du Naturel et de l’Environnement (SPAN), créée en 2018 et officiellement reconnue en 2024.

La coopérative regroupe 23 membres, dont 14 femmes, aux côtés de jeunes, de forestiers, d’un journaliste et d’autres professionnels engagés dans la protection de l’environnement.

Au-delà de la production de plantes et des activités agro écologiques, cet espace se veut avant tout un lieu de découverte, d’apprentissage et de sensibilisation, où la nature est présentée comme un patrimoine à préserver et à transmettre aux générations futures.

Annick HIEN/MoussoNews


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