🔴[ L’Edito du mois de Juin 2024 ] |La chicha au féminin

Ce n’est un secret de polichinelle pour personne. La consommation des produits nocifs pour la santé comme la cigarette, la drogue, les stupéfiants et autres alcools, prend de l’ampleur dans nos centres urbains. La jeune génération censée être l’avenir de la Nation en est malheureusement la victime, compromettant ainsi son devenir et celui du pays. Seuls, en groupe et parfois dans des débits de boissons, les jeunes s’adonnent à la consommation de ces produits au grand dam de leur santé.

Ces dernières années, la chicha est rentrée dans la danse au point que certaines municipalités dont celle de Ouagadougou, se sont vues contraintes de prendre des arrêtés interdisant sa consommation « dans les lieux publics, clos ou non Â» depuis avril 2021. Et ce, au regard du fait que « la prolifération des bars à chicha emporte trafic de stupéfiants, proxénétisme, prostitution, racolage, et constitue une entrave à la promotion de l’hygiène publique Â».

Mais peine perdue, des débits de boissons continuent d’organiser des « soirées chicha Â», si ce ne sont des « plans Z Â», ces fêtes organisées par des jeunes dans des villas meublées, où l’alcool, la drogue, le sexe et la chicha se consomment à flot. Le phénomène persiste donc et gagne progressivement la gent féminine. Pourtant, le Dr Georges Ouédraogo, coordonnateur de l’Unité de sevrage tabagique et maître de conférence en pneumologie au CHU Yalgado, prévient que contrairement à ce que pensent de nombreux jeunes la chicha est aussi nocive que la cigarette, sinon plus.

« Fumer la chicha, c’est 50 à 200 bouffées pendant 40 à 60 minutes. Et la densité du monoxyde de carbone est de 15 à 50 cigarettes. Même pour le goudron, on va de 27 jusqu’à 102 cigarettes. Déjà dans l’enquête que nous avons eu à faire à Ouagadougou, on sait qu’il y a l’hépatite C, il y a un risque réel pour la tuberculose, et il y a les autres maladies liées au tabac, les cancers et autres maladies respiratoires et cardio-vasculaires », confiait le spécialiste à un média international.

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Au regard de ces risques, il urge d’extirper la jeunesse burkinabè des griffes de ce fléau et particulièrement les filles qui s’exposent au cancer du sein, celui du col de l’utérus et à la stérilité chez la femme. De plus, si la femme consomme du tabac alors qu’elle est enceinte, cela peut avoir des conséquences graves sur le fœtus pouvant entrainer des malformations de certains organes, des avortements, des naissances de mort-né ou des enfants qui naissent avec des petits poids.

Par ces temps de vacances scolaires où les jeunes se laissent souvent aller à tous types de pratiques, les parents doivent veiller au grain pour éviter que leurs enfants ne tombent dans cette consommation. 

La Rédaction

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