À Ouagadougou, le gingembre local se fait rare sur les marchés

Au marché communément appelé Nabi Yar, situé dans le quartier des 1 200 Logements à Ouagadougou, le gingembre se vend désormais sous plusieurs origines. Sur les étals, trois variétés se distinguent : le gingembre produit au Burkina Faso, celui du Maroc et celui importé de Chine. Constat
Le gingembre burkinabè est devenu rare depuis le mois de mars. Le sac de 100 kilogrammes, qui se vendait auparavant entre 75 000 et 100 000 francs CFA, atteindrait aujourd’hui environ 300 000 francs CFA. Une situation qui pousse les commerçantes à se tourner vers les produits importés.
Le gingembre chinois est ainsi proposé autour de 140 000 francs CFA le sac de 100 kilogrammes. D’après les vendeuses, son goût se rapproche davantage de celui du gingembre produit au Burkina Faso.

Le gingembre marocain, lui, reste le plus présent sur le marché et figure parmi les plus accessibles. Mais selon les commerçantes, son goût convainc moins les clients, qui continuent de privilégier le produit local.

« Les clients préfèrent le gingembre du Burkina, mais il devient difficile à trouver », explique une vendeuse.
Pour ces commerçantes, cette rareté serait notamment liée aux difficultés rencontrées par certains producteurs pour accéder aux terres agricoles. Elles affirment que des cultivateurs auraient été délogés de certaines zones de production, réduisant ainsi leurs possibilités de cultiver.

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Cette situation intervient alors que le Burkina Faso cherche à renforcer sa production nationale et son autonomie. Pour les vendeuses, soutenir la production locale suppose aussi de permettre aux producteurs de disposer des terres et des moyens nécessaires pour continuer leur activité.
La hausse du prix du gingembre n’est toutefois pas un phénomène isolé. D’autres produits connaissent également des variations de prix sur les marchés. Le cas du gingembre met néanmoins en évidence un paradoxe : le produit local est le plus recherché pour son goût, mais il devient aussi le plus rare et le plus cher.
Aicha ZONGO/SORO (Stagiaire)/ MoussoNews
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