Burkina : InfraLog Digital Supply Chain & Talent Lab veut transformer les compétences des jeunes en opportunités professionnelles

La première édition de InfraLog Digital Supply Chain & Talent Lab s’est tenue le samedi 24 octobre 2026 à Ouagadougou. Portée par InfraLog Group, cette initiative vise à rapprocher les jeunes diplômés des entreprises, à renforcer leur employabilité et à faciliter leur accès à une première expérience professionnelle. Plus de 300 participants, dont une centaine de jeunes talents sélectionnés et une trentaine de professionnels, ont pris part à cette rencontre, avec le Togo comme pays invité d’honneur.

Des participant.e.s au lancement officiel de la première édition.

Les jeunes diplômés recherchent des opportunités pour faire leurs preuves, tandis que les entreprises sont en quête de compétences capables de répondre à leurs besoins.

C’est pour rapprocher ces deux univers que InfraLog Group a mis en oeuvre le Digital Supply Chain & Talent Lab. Le concept se veut un cadre de rencontres, de collaboration et de création d’opportunités entre les entreprises et les jeunes talents.

La première édition a réuni des représentants d’institutions et de départements ministériels, des responsables d’établissements d’enseignement supérieur et de formation, des chefs d’entreprise, des partenaires, des associations professionnelles, des étudiants, des jeunes talents et des professionnels des médias.

Dès l’entame de la cérémonie ,la promotrice de InfraLog Group, Rassidatou Gnankambary Derma a évoqué la situation de nombreux jeunes diplômés qui, malgré leurs années d’études, leurs efforts et le soutien de leurs familles, peinent à accéder au marché du travail. « Il ne lui manque qu’une chose : une porte d’entrée », a-t-elle illustré en évoquant le parcours d’une jeune diplômée. Pour elle, cette situation résume le défi auquel sont confrontés de nombreux jeunes burkinabè.

Rassidatou Gnankambary Derma, promotrice de InfraLog Group

Abordant les enjeux économiques du Burkina Faso, la promotrice a souligné le lien entre la formation des compétences et la politique de souveraineté économique. Selon elle, la transformation locale des productions, le développement industriel et la maîtrise des approvisionnements nécessitent des professionnels qualifiés dans plusieurs domaines.

« Une usine ne tourne pas sans techniciens, une récolte ne nourrit pas une nation si elle ne peut être stockée, conservée et acheminée », a-t-elle expliqué. Elle a notamment cité les besoins en logisticiens, transitaires, planificateurs et autres professionnels capables d’intervenir dans les différents maillons de la chaîne d’approvisionnement.

Pour Rassidatou Gnankambary Derma, la souveraineté se construit aussi bien dans les champs et les usines que dans les corridors de transport et les entrepôts. Elle se prépare également dans les salles de classe. « La souveraineté nationale passe par la souveraineté des compétences », a-t-elle affirmé, en appelant à une synergie entre l’école, l’université, l’entreprise et l’État.

Elle a également insisté sur la responsabilité du secteur privé national dans cette dynamique. À ses yeux, le patriotisme économique ne consiste pas seulement à consommer local, mais aussi à faire confiance aux jeunes, à leur transmettre des savoir-faire et à leur ouvrir les portes des entreprises.

100 jeunes bénéficiaires d’un parcours d’accompagnement

La promotrice a précisé que le Digital Supply Chain & Talent Lab ne se limite pas à l’organisation d’un salon professionnel. Il marque, selon elle, le début d’un parcours structuré d’accompagnement.

Pour cette première édition, 100 jeunes issus de plusieurs filières ont été sélectionnés pour rencontrer des entreprises, des experts et des représentants d’institutions.

Dans les semaines suivant l’événement, ils devraient bénéficier de formations pratiques, de séances de coaching et de mentorat. Un suivi est également prévu à trois et six mois afin d’apprécier les progrès réalisés et les opportunités obtenues.

Des étudiant.e.s de divers ont massivement répondu présent à cette premiere édition.

L’évaluation portera notamment sur le nombre de bénéficiaires ayant décroché un stage ou un emploi, ainsi que sur ceux ayant lancé leurs propres projets. « Une rencontre ne suffit pas, il faut un parcours, et parce que ce qui ne se mesure pas ne progresse pas », a souligné la promotrice.

Aux jeunes participants, elle a lancé un appel à la rigueur, à la discipline, à la curiosité et à la préparation. Elle les a encouragés à ne pas seulement attendre un emploi, mais aussi à se donner les moyens de le décrocher et à oser créer leurs propres activités. Reprenant un message attribué au président du Faso, Ibrahim Traoré, elle a rappelé : « Tout ce que vous imaginez, c’est possible, croyez en vous ».

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Roland Achille Sow appelle les entreprises à ouvrir leurs portes aux jeunes

Roland Achille Sow, président de la délégation spéciale consulaire de la CCI-BF, a salué l’initiative et remercié le comité d’organisation pour la confiance accordée à l’institution consulaire.

Il a rappelé que la Chambre de commerce et d’industrie se veut la maison commune des acteurs économiques du Burkina Faso. Il a également évoqué les priorités de la délégation spéciale consulaire comme suit : la contribution à la souveraineté économique, le soutien à l’industrialisation, la promotion du patriotisme économique et le renforcement de l’intégration des entreprises nationales dans les chaînes de valeur régionales.

Selon lui, ces ambitions ne peuvent se concrétiser sans des ressources humaines qualifiées.

L’industrialisation nécessite des techniciens, des ingénieurs et des gestionnaires, tandis que les chaînes de valeur requièrent des logisticiens, des transitaires, des acheteurs et des planificateurs. « Pour un pays enclavé comme le Burkina Faso, la maîtrise de la logistique et du transport représente », a-t-il indiqué.

C’est dans cette perspective qu’il a salué le Digital Supply Chain & Talent Lab, qui permet aux jeunes de se rapprocher des entreprises et donne au secteur privé la possibilité de participer directement à la préparation de la relève professionnelle.

Roland Achille Sow a invité les chefs d’entreprise à accueillir davantage de jeunes en stage, en immersion professionnelle ou dans le cadre de leur premier emploi. Il a également salué les entreprises qui ont déjà pris des engagements en ce sens, les présentant comme des exemples à suivre.

Aux jeunes talents, il a rappelé que l’économie burkinabè a besoin de leur énergie, de leur créativité et de leur sens des responsabilités. Qu’ils choisissent d’intégrer une entreprise ou de créer leur propre activité, il les a encouragés à devenir des acteurs de la transformation économique. De plus, il a réaffirmé la disponibilité de la CCI-BF à accompagner les initiatives en faveur du développement économique, tout en exhortant les jeunes à faire preuve de davantage d’audace, d’engagement et de créativité.

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La ministre Annick rappelle les dispositifs publics en faveur de l’employabilité

Marraine de cette première édition, la ministre en charge de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Lydie Pikbougoum/Zigué Ouattara, a officiellement ouvert les travaux. Revenant sur les enjeux de l’emploi des jeunes, elle a rappelé que l’employabilité demeure une priorité du gouvernement, dans un contexte marqué par des mutations économiques, technologiques et organisationnelles.

Annick Lydie Pikpougoum/Zigué Ouattara, ministre en charge de la Jeunesse et de l’Emploi

Elle a souligné que la jeunesse burkinabè constitue une force importante pour la transformation économique et sociale du pays. Toutefois, pour que son potentiel se traduise en opportunités réelles, il est nécessaire de renforcer les passerelles entre la formation et l’emploi, de faciliter l’accès à une première expérience professionnelle et de promouvoir l’entrepreneuriat.

À ce titre, la ministre a rappelé les actions conduites par son département, dont les stages d’initiation à la vie professionnelle, qui permettent à des milliers de jeunes, dans les différentes provinces du pays, de se familiariser avec le monde du travail et d’acquérir une première expérience en situation réelle.

Elle a également évoqué les bureaux de bilan de compétences et d’accompagnement installés dans les établissements d’enseignement supérieur.

Un appel à la mobilisation des entreprises et des établissements de formation

Pour la ministre en charge de la Jeunesse et de l’Emploie, les efforts de l’État ne peuvent, à eux seuls, répondre à l’ampleur des défis liés à l’emploi des jeunes. Elle a plaidé pour une mobilisation collective associant les pouvoirs publics, les établissements de formation, les entreprises et les autres acteurs du monde professionnel.

Dans cette perspective, elle a salué le modèle proposé par InfraLog Digital Supply Chain & Talent Lab, qui associe la sélection des candidats, leur préparation, leur mise en relation avec les entreprises et le suivi de leur parcours.

La ministre a également félicité les entreprises qui ont déjà manifesté leur disponibilité à accueillir des jeunes en stage. Elle a invité d’autres sociétés à rejoindre cette dynamique, estimant que l’investissement dans les compétences des jeunes contribue à la compétitivité des entreprises, à l’innovation et à l’avenir économique du pays.

Par ailleurs, elle a souhaité que les structures relevant de son département soient étroitement associées au suivi des jeunes bénéficiaires. Ainsi, cette collaboration devrait permettre d’évaluer les résultats du programme, de capitaliser les bonnes pratiques et d’identifier les possibilités de renforcement des actions en faveur de l’emploi.

« L’emploi ne se donne pas. Il se construit »

S’adressant directement aux jeunes participants, la ministre a insisté sur leur responsabilité dans la construction de leur parcours professionnel. « L’emploi ne se donne pas. Il se construit », a-t-elle déclaré, invitant les bénéficiaires à faire preuve de sérieux, à apprendre auprès des professionnels, à développer leur réseau et à continuer de se former.

La première édition de InfraLog Digital Supply Chain & Talent Lab a proposé des stands d’exposition.

Elle a rappelé que le diplôme, bien qu’important, doit être accompagné de compétences pratiques, d’un sens des responsabilités, d’une capacité d’adaptation et d’une volonté constante de progresser.

Chaque stage, chaque rencontre professionnelle et chaque expérience acquise peut, selon elle, ouvrir la voie à de nouvelles opportunités. Elle a également exhorté les jeunes à ne pas craindre l’innovation, la prise d’initiative ou l’entrepreneuriat. Évoquant la possibilité de connaître des échecs, elle a rappelé qu’ils peuvent faire partie du parcours professionnel et ne doivent pas constituer un frein à l’engagement.

Au delà du salon, un suivi est attendu. Outre, les participant.e.s ont effectué des visites de stands afin de découvrir les activités et les solutions présentées.

Annick HIEN/MoussoNews


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