CU-Kaya : Des étudiants en psychologie en immersion chez Hadja Amsetou

À l’occasion de la Journée des Coutumes et des Traditions célébrée le 15 mai 2026, les étudiants de troisième année de la filière Psychologie et Psychologie des Interventions Psychosociales (PIP3) du Centre universitaire de Kaya (CU-Kaya) ont effectué une sortie pédagogique à Komsilga. Ils y ont visité le centre de la guérisseuse Hadja Amsetou Nikiema, dans le cadre d’une immersion destinée à confronter les enseignements académiques aux pratiques thérapeutiques endogènes liées à l’ethnopsychiatrie.

Des étudiants en psychologie chez Adja de Komsilga le 15 mai 2026 pour une immersion.

L’immersion des étudiants sur le site de Adja de Komsilga s’inscrit dans la dynamique de formation du cycle licence visant à rapprocher les savoirs académiques des réalités socioculturelles locales.

Dès leur arrivée, les étudiants et leurs encadreurs ont été accueillis par le service protocolaire de Hadja Amsetou Nikiema, avant une visite guidée du site, sous escorte policière.

Cette première étape leur a permis de découvrir l’organisation du centre, son environnement de travail et les modalités d’accueil des consultants. La délégation a ensuite pris part à une rencontre avec la guérisseuse, entourée de son porte-parole et de son équipe protocolaire.

Ce cadre d’échange a offert aux étudiants l’opportunité d’interroger Hadja Amsetou Nikiema sur l’historique de son engagement, ses méthodes de prise en charge et sa lecture des souffrances psychiques.

Pour Dr Corneille Dakuyo, cette démarche pédagogique participe à la reconnaissance des savoirs endogènes dans l’accompagnement psychologique. Selon lui, toute prise en charge pertinente doit tenir compte de l’ancrage culturel des patients. Il défend ainsi une approche ethnopsychiatrique fondée sur l’idée que la souffrance psychique ne peut être dissociée de son univers symbolique, social et culturel.

Dans cette perspective, les ressources thérapeutiques communautaires, qu’il s’agisse de rituels, de cosmologies ou de récits de possession, constituent des formes légitimes de soin, capables d’enrichir la pratique clinique.

Bayala Lianhoué Imhotep, chargé de communication et des relations extérieures de Hadja Amsetou Nikiema.

Même son de cloche du côté de Bayala Lianhoué Imhotep, chargé de communication et des relations extérieures de Hadja Amsetou Nikiema, qui voit dans cette visite une reconnaissance du patrimoine immatériel porté par la guérisseuse. Pour lui, cette initiative ouvre la voie à une réflexion sur les fondements culturels de la psychologie en Afrique, longtemps dominée par des normes occidentales, alors même que les sociétés africaines disposent de leurs propres référentiels thérapeutiques.

En effet, sur le terrain, les étudiants ont ainsi observé et analysé les pratiques ethnopsychiatriques de Hadja Amsetou Nikiema afin de mieux comprendre leur place dans la prise en charge des troubles mentaux.

Au-delà de l’expérience pédagogique, cette visite a également servi de cadre à de premiers échanges en vue d’un partenariat entre le Centre universitaire de Kaya et le centre de la guérisseuse.

Source : Université Joseph Ki Zerbo

Repris par Annick HIEN/MoussoNews

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