Droits humains à l’ère du numérique : 25 jeunes en formation pour contrer la désinformation et les discours de haine

Le Centre d’Information et de Formation en matière de Droits Humains en Afrique (CIFDHA) a lancé, ce lundi 3 août 2026 à Ouagadougou, un camp national de formation sur les droits humains à l’ère du numérique. Pendant 5 jours, 25 jeunes issus de 12 régions du Burkina Faso vont être outillés sur l’utilisation éthique des réseaux sociaux, la lutte contre la désinformation, les discours de haine et les violences basées sur le genre en ligne, avec l’ambition d’en faire des relais de sensibilisation dans leurs communautés.
Face à la multiplication des contenus haineux, des fausses informations et des violences basées sur le genre sur les plateformes numériques, le Centre d’Information et de Formation en matière de Droits Humains en Afrique (CIFDHA) a réuni 25 jeunes, dont 16 femmes et 9 hommes, pour un camp national de formation organisé du 3 au 7 août 2026 à Ouagadougou.

Placée sous le thème « Droits humains à l’ère du numérique : prévenir la désinformation, les discours de haine et les violences basées sur le genre en ligne », cette initiative vise à renforcer les connaissances et les compétences des jeunes afin qu’ils adoptent une utilisation responsable des réseaux sociaux et deviennent des acteurs de la promotion des droits humains.
Le camp s’inscrit dans une initiative sous-régionale de renforcement de l’engagement des jeunes en faveur des droits humains. Il est le fruit d’une collaboration entre le CIFDHA, Changement Social Bénin (CSB), le Centre de Documentation et de Formation sur les Droits de l’Homme (CDFDH), avec l’appui du Centre de conseils et d’appui pour les jeunes en matière de droits humains (CODAP).
Pour le Président du Conseil d’administration du CIFDHA, Ali Kagambèga, cette formation répond à un besoin réel dans un contexte où les réseaux sociaux sont de plus en plus le théâtre de discours de haine et d’autres formes de violences.
« Les jeunes n’ont pas forcément les connaissances ou les aptitudes nécessaires pour une utilisation éthique et responsable des réseaux sociaux. C’est pourquoi nous avons décidé de les sensibiliser à ces questions ainsi qu’aux Droits humains », a-t-il expliqué.

Selon lui, au-delà de l’acquisition des connaissances, l’objectif est que les participants s’approprient les contenus de la formation et deviennent des ambassadeurs de la promotion d’un numérique responsable et de la lutte contre les violences basées sur le genre. Les bénéficiaires proviennent de 12 des 13 régions du Burkina Faso.
Partenaire de cette initiative, la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) a mis l’accent sur la nécessité de développer une véritable citoyenneté numérique auprès des jeunes.
Le responsable de la division communication de la BCLCC, Napougba Julien Legma, a indiqué que la brigade a souhaité accompagner cette activité afin de transmettre aux participants un message de responsabilité dans l’utilisation des réseaux sociaux.
Il a révélé que plus de 1 000 plaintes liées aux réseaux sociaux ont déjà été enregistrées au cours du premier semestre de l’année 2026. Si les cas d’escroquerie demeurent les plus nombreux, les infractions liées à la désinformation, aux discours de haine ainsi qu’aux atteintes à l’honneur et à la dignité des personnes connaissent également une progression préoccupante.
Pour lui, cette situation appelle non seulement à renforcer les actions de répression, mais aussi à intensifier les campagnes de sensibilisation afin de réduire durablement ces phénomènes.

Les participants saluent également une initiative qu’ils jugent en phase avec les réalités auxquelles les jeunes sont confrontés.
Les participants, les futurs relai de la bonne information
Originaire de la région du Kadiogo, Diarra Salimata Latifatou, juriste de formation en Droit international public, estime que cette formation va permettre aux jeunes de mieux comprendre ces phénomènes et d’adopter les comportements appropriés face à ces dérives.

Elle s’est engagée à partager les connaissances acquises et à sensibiliser les jeunes de sa communauté afin de contribuer à la prévention des discours de haine et des violences en ligne.
Même engagement du côté de Sankara Inoussa, venu de la région du Nando. Il espère acquérir les outils nécessaires pour mieux comprendre les violences basées sur le genre et connaître les structures vers lesquelles orienter les victimes.

Il entend également devenir un relais de sensibilisation dans sa région afin de promouvoir une communication responsable et de lutter contre les fausses informations.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews
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