Entreprenariat féminin : Mme SAMA passe de la marmite aux écrous

Traditionnellement considérées comme des ménagères à vie, les femmes commencent de plus en plus à briser cette barrière en s’insérant dans des métiers masculins. Mossonews va à la rencontre d’une de ces femmes qui font la fierté du Burkina Faso.

Agée de 42 ans, mariée et mère de trois (3) enfants, Mme SAMA née TAPSOBA  Fleur est mécanicienne et garagiste d’engins à quatre (4) roues installée en son propre compte à Ouagadougou au Burkina Faso. Avec une expérience de quinze  ans (15 ans), dame SAMA a décidé de faire de ce métier son métier de vie.

Pour elle, c’est la passion pour ce métier et le souci de démystifier le mythe selon lequel le métier de mécanicien, notamment d’engins à quatre (4) roues  était exclusivement masculin, qui l’ont poussée à se lancer dans ce métier. Car « les filles d’aujourd’hui doivent arrêter de penser au féminin  et se comparer aux hommes»,  a-t-elle lancé.

Propositions indécentes de collègues

Cette activité n’est pas sans difficultés de par sa condition féminine. « Quand je travaillais avec mon patron, même si je tombe enceinte, je travaille jusqu’à 7 à 8 mois de grossesse avant d’arrêter et me préparer pour l’accouchement », a-t-elle dit. « Quand j’avais ouvert mon garage nouvellement, je n’avais pas les moyens pour prendre un gardien. Donc je descendais à 18h pour revenir dormir là-bas de 21h à 5h du matin et repartir faire le ménage à la maison avant de revenir continuer le travail. Heureusement mon mari me comprenait», a-t-elle poursuivi. Dans la même lancée, Mme SAMA affirme que « au début, j’essuie tous les jours les humiliations de la part des collègues hommes et même mes copines du quartier.Et pour te déstabiliser, les collègues hommes commencent à te faire des avances d’amour ».

Beaux discours

Outre les conditions sociales, Mme SAMA dit s’être confrontée aux difficultés financières. « En tant que femme, c’est compliqué surtout quand tu as les enfants. Comme je ne me débrouille pas mal, il y a des clients qui me faisaient confiance et me donnaient souvent des marchés que j’exécutais chez un ami garagiste. C’est dans cela que j’ai pu économiser pour pouvoir acheter ce garage », a-t-elle expliqué. « Il n’y a aucun soutien de la part de l’Etat. Ils nous font faire des formations en entreprenariat féminin sans accompagnement et après, ils prononcent de beaux discours comme quoi ils accompagnent les femmes»,  s’est-elle indignée.

Comment l’Etat peut accompagner

Comme solutions Mme SAMA propose que l’Etat accompagne les femmes qui sont déjà installées afin qu’elles développent leurs entreprises. Cela pourrait leur permettre d’employer d’autres filles qu’elles formeront. « Pour moi, l’accompagnement ne veut pas dire obligatoirement de donner de l’argent. Mais que de faciliter l’obtention de marchés. Par exemple, le ministère de la femme et celui de la jeunesse peuvent décider de me donner un marché de  trois (3) à cinq (5) véhicules par an pour réparer. Si cela marche, ça va encourager les autres institutions publiques et privées à nous donner des marchés »,  a-t-elle indiqué.

Elle lance donc un cri de cœur aux autorités afin qu’elles prennent en compte les femmes dans le processus de création d’emploi et de développement. Elle saisit  l’occasion  suggérer  aux filles et aux femmes de s’armer de courage et de détermination dans la lutte pour leur émancipation et l’amélioration des conditions de la femme.

Sié Sébastien POUDA

Laisser un commentaire