Féminisme : ONIDS veut créer un dialogue inclusif 

L’Organisation pour de Nouvelles Initiatives en Développement et Santé (ONIDS) a organisé le 9 janvier 2026 à Ouagadougou un cadre de concertation sur le féminisme. Objectif: favoriser un dialogue ouvert, respectueux et constructif autour du féminisme. Les échanges ont réuni acteurs de la société civile, journalistes, leaders communautaires, parajuristes et représentants associatifs.

Le féminisme, bien que largement débattu dans l’espace public, demeure souvent mal compris et source de réticences. 

Face à ces constats, l’ONIDS a organisé un espace d’échanges inclusif permettant de clarifier les représentations du féminisme et d’analyser ses implications dans nos sociétés, afin de dégager des pistes de réflexion et d’actions favorables à l’épanouissement des filles et des femmes. 

Dès l’entame des échanges, un message central s’est imposé : le féminisme constitue l’un des piliers fondamentaux des droits humains. Il ne crée pas de nouveaux droits, mais vise plutôt à garantir l’effectivité de droits déjà reconnus, souvent inaccessibles ou inégalement appliqués aux femmes.

Dans cette perspective, les participant.e.s ont souligné que les perceptions du féminisme, bien que diverses, ne sont pas nécessairement opposées, mais souvent complémentaires, convergeant vers un même objectif : l’égalité et la justice sociale.

Les débats ont cependant mis en lumière les nombreuses controverses entourant le féminisme. Entre autres, résistances culturelles, objections idéologiques, peurs réciproques entre femmes et hommes ont été largement abordées. Les femmes expriment la crainte d’un espace social largement occupé par les hommes, tandis que certains hommes redoutent une prise de conscience féminine perçue comme une menace à l’ordre établi. 

L’atelier a également insisté sur le fait que la lutte féministe ne peut se limiter à des discours ponctuels. Elle doit s’inscrire à tous les niveaux, en intégrant l’engagement individuel, les attitudes quotidiennes et des actions concrètes. Les échanges ont révélé la persistance de stéréotypes et de résistances socio-culturelles, ainsi qu’une compréhension encore non uniforme du féminisme, y compris parmi les femmes elles-mêmes.

Parmi les défis identifiés figurent aussi la coordination limitée au sein du mouvement féministe, les barrières systémiques, la montée de mouvements anti-droits et certaines confusions idéologiques, notamment autour du patriarcat, souvent perçu négativement.

Face à ces constats, une recommandation forte a émergé : renforcer le dialogue féministe à travers une participation inclusive des hommes, considérés comme des alliés du mouvement. Cette approche, longuement débattue au cours de la journée, a permis d’aboutir à un consensus jugé nécessaire pour avancer.

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Les prochaines étapes annoncées par l’ONIDS comprennent la finalisation et la diffusion du rapport de l’atelier, l’élaboration d’un rapport alternatif dans le cadre de son statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social de l’ONU, ainsi que la mobilisation des acteurs pour la collecte de données. S’y ajoutent l’organisation d’un atelier d’identification des enjeux clés et l’élaboration d’un plan d’action budgétisé.

Au-delà des débats, ce cadre de concertation a permis aux participant.e.s de parler du féminisme sans caricature, reconnaître les peurs pour mieux les dépasser et construire un plaidoyer ancré dans les réalités sociales et culturelles. 

Annick HIEN/MoussoNews

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