#InstantDiasporaBurkinabè : « Ma vision est vaste, l’ambition est grande et les défis sont colossaux », T Brice Ouédraogo Economiste

Tegawendé Brice Ouédraogo est un jeune burkinabè stagiaire à l’Organisation des Nations Unies pour le Développement industriel à Vienne en Autriche. Titulaire d’un Bachelor en Economie option statistiques économiques, il est en fin de cycle pour l’obtention d’un Master en économie du développement. Il est par ailleurs président de l’Alliance des jeunes pour la paix et le développement au Burkina Faso (AJPD-BF) qui œuvre dans l’accompagnement de la jeunesse burkinabè.

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  • Présentez-vous à nos lecteurs ?

Je suis Tegawende Brice OUEDRAOGO, âgé de 25 ans, économiste stagiaire à l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel à Vienne en Autriche. Je suis actuellement en fin de cycle d’un Master en économie du développement au prestigieux Centre d’Études et de Recherche sur le Développement International (CERDI) à Clermont-Ferrand. Je maîtrise et parle couramment l’anglais, le français et le mandarin. Par ailleurs, je suis membre co-fondateur et président de l’Alliance des Jeunes pour la Paix et le Développement au Burkina Faso (AJPD-BF). Je préside également la Fondation Tegawende, une jeune organisation œuvrant dans le domaine humanitaire et le renforcement des compétences techniques des jeunes à travers divers programmes de mentorat, notamment le Tegawende Fellowship Program, qui vise à guider et accompagner les excellents étudiants burkinabè dans l’obtention de bourses d’excellence à l’international. Enfin, je suis vice-président du Réseau Burkinabè et Alumni de Chine, ainsi qu’ancien porte-parole des étudiants burkinabè en Chine auprès de l’Ambassade de Chine au Burkina Faso.

  •   ⁠Quel est votre parcours scolaire ?

Après avoir obtenu mon Certificat d’Études Primaires en 2009 à l’école primaire la Cathédrale, où j’ai reçu 3 prix d’excellence (le prix d’excellence nationale, celui de la mairie de Ouagadougou et celui de la circonscription de Ouaga 11), j’ai poursuivi mes études au Collège St Jean Baptiste de La Salle de la 6e à la Tle, où j’ai obtenu mon Bac série D avec une moyenne de 15.67 en juin 2016.

Durant ma première année d’université en mathématiques fondamentales, j’ai été lauréat de la bourse d’excellence de Chine pour des études académiques de 5 ans en statistiques économiques. Jeune Burkinabè très engagé et studieux, j’ai intégré la Zhejiang Gongshang University (浙江工商大学) en 2018. Dès le début, grâce à mon dynamisme, j’ai été élu président des étudiants de la faculté de mathématiques et de statistiques de l’université.

En juin 2022, mes études se sont conclues par l’obtention d’un Bachelor en Economie option statistiques économiques, suivi de plusieurs prix d’excellence académique et de leadership. En septembre 2022, j’ai eu l’honneur d’obtenir la prestigieuse bourse d’excellence Eiffel pour la poursuite de mes études supérieures en France.

  • Titulaire d’un Bachelor en Economie obtenu en Chine, comment s’est passé les années d’études dans ce pays ?

Mon parcours académique en Chine, qui comprenait une période à Taïwan, a duré cinq ans et a été l’une des aventures les plus marquantes de ma vie. En tant qu’étudiant burkinabè à l’étranger, cette expérience m’a permis de développer de nouvelles compétences tout en renforçant celles que je possédais déjà. Bien que les expériences puissent varier d’un étudiant à l’autre, la mienne a été exceptionnelle et extrêmement enrichissante. Dès mon arrivée à l’université, j’ai rapidement trouvé ma place et j’ai eu l’opportunité de mettre mes compétences en leadership au service de la communauté estudiantine, qui regroupait des étudiants de divers horizons géographiques. J’ai notamment dirigé le bureau des étudiants internationaux et représenté l’université lors de différentes occasions solennelles. De plus, j’ai eu l’honneur de recevoir le prix d’excellence universitaire en 2018 et 2019, ainsi que le prix d’excellence nationale des étudiants boursiers en 2020. À la lumière de ce parcours, j’étais extrêmement satisfait de mes conditions d’études.

  • Comment avez-vous bénéficier de cette formation en Chine ?

En raison de mes ambitions et de mon projet d’étude depuis ma classe de seconde, je visais un environnement dynamique et multiculturel, ainsi que l’obtention d’une bourse d’études d’excellence à l’international. C’est ainsi qu’après avoir obtenu mon baccalauréat en juin 2016, j’ai postulé pour une bourse d’excellence à Taiwan auprès de l’ancienne ambassade de Taiwan à Ouagadougou. Après avoir été sélectionné sur dossier et avoir passé des entretiens, le Seigneur m’a permis d’être lauréat et de commencer mon projet d’étude à l’international en 2017.

  • ⁠Comment s’est faite votre intégration et pourquoi avoir choisi l’université Gongshang?

La fréquentation assidue du centre de langue chinoise m’a permis de m’intégrer rapidement dans la société chinoise et de surmonter la barrière linguistique. Pour ma part, j’ai rencontré quelques défis que j’ai considérés comme autant d’opportunités d’apprentissage et de développement personnel susceptibles d’apporter une valeur ajoutée à mon parcours académique et plus largement à ma carrière professionnelle. Il est à noter que j’étais le seul Burkinabè dans mon université pendant au moins une année, ce qui m’a confronté à la diversité culturelle et à un nouvel environnement. J’ai dû rapidement me réadapter pour m’intégrer et trouver ma place, et je pense que ces défis m’ont amené à développer plusieurs compétences, notamment linguistiques, en gestion des relations interpersonnelles, en adaptabilité et en leadership.

  • Vous y avez remporté de nombreux prix, pouvez-vous nous les citer et nous en dire un peu plus ?

En tant qu’étudiant représentant le Burkina Faso, il était de mon devoir de promouvoir l’excellence burkinabè à l’international, ce que j’ai accompli à travers diverses réalisations. J’ai été lauréat du prix d’excellence de l’université en 2019, puis celui du prix du meilleur leadership dans le cadre des affaires estudiantines de l’université toujours en 2019. Par la suite j’ai remporté le prix d’excellence national des boursiers du gouvernement chinois en juin 2020 et celui du prix d’excellence du président de l’université deux mois plutards avec une mention dans le magazine universitaire ainsi que le prix d’excellence de l’université en 2022.

En tant que paneliste et conférencier, j’ai participé au HULT PRIZE CHINA SYMPOSIUM où j’ai eu l’opportunité de discuter de la sécurité alimentaire en Afrique en présence du 42e président des États-Unis, Bill Clinton.

  • ⁠Économiste et analyste des politiques publiques, stagiaire à l’organisation des Nations Unies pour le Développement industriel en Autriche, quel sont vos défis au quotidien ?

En tant qu’économiste et analyste des politiques publiques en stage à l’ONUDI, je suis confronté quotidiennement à diverses exigences professionnelles. Celles-ci comprennent la recherche, l’analyse des politiques de digitalisation et d’industrialisation durable dans les pays en développement. Je participe également à des dialogues et rencontres avec les pays membres, ainsi qu’à des ateliers de réflexions avec différents ministères des pays africains. Pour ma part, ces diverses exigences ne représentent pas des défis, mais plutôt des opportunités de renforcement des compétences techniques et relationnelles.

  • Comment vous vous êtes retrouvés en Autriche ?

Actuellement, je suis basé en Autriche dans le cadre du programme de stage professionnel de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel. En tant que jeune professionnel citoyen du monde, j’ai postulé à cette opportunité de stage et j’ai franchi avec succès les différentes étapes du processus de sélection. Je suis reconnaissant d’avoir été sélectionné pour la deuxième fois pour ce programme de stage professionnel, une grâce que je dois à Dieu.

  • Comptez-vous rentrer un jour au pays ?

Je suis Burkinabè et comme tout jeune, j’ai ma contribution à apporter pour la construction d’un meilleur Burkina émergent et prospère. À cette fin, je suis prêt à mettre mon engagement et mes compétences au service de la nation du Burkina Faso, si jamais elles sont sollicitées.

  • Président cofondateur de l’AJPD-BF, qu’est-ce qui vous a motivé à créer cette association ?

Il est important de souligner que mon engagement social a commencé en République populaire de Chine, à travers les différents postes de responsabilité que j’ai occupé au sein de la communauté estudiantine de l’université. Par la suite, lors de mon séjour prolongé au Burkina Faso, notamment dans les villages et les campagnes, et en tenant compte de ma capacité et de ma volonté à apporter ma contribution, il m’est apparu nécessaire de m’investir et de produire des résultats tangibles sur le terrain burkinabè, au service des millions de femmes, de jeunes et d’enfants. C’est cette volonté et cette vision qui ont abouti à la création de l’AJPD-BF en collaboration avec des camarades tels que Tiba Kassamse Ouédraogo et Godmay Porgo.

  • Depuis combien de temps existe-t-elle ?

L’AJPD-BF, fondée en avril 2021, s’affirme comme une plateforme de leadership par excellence, offrant aux jeunes la possibilité de contribuer à la bonne gouvernance au Burkina Faso. Cette organisation rassemble des jeunes résidant au Burkina Faso ainsi que ceux de la diaspora.

  • N’étant pas sur place, comment arrivez-vous à gérer la coordination ?

En tant que président de l’AJPD-BF, avec mes collègues du Bureau Exécutif National, nous avons rapidement mis en place une discipline remarquable dès les premiers mois de l’existence de l’organisation. À l’AJPD-BF, nul n’est au-dessus de la politique disciplinaire, pas même moi le président.

Dans cette optique, je veille personnellement au respect et au maintien de la discipline à tous les niveaux de l’organisation. Ma présence physique ne constitue en aucun cas un obstacle, car je crois que le vrai leadership ne connaît pas de frontières géographiques. En outre, malgré mon absence physique, je préside régulièrement les réunions hebdomadaires avec l’ensemble du Bureau Exécutif National. Notre mission est de produire des résultats concrets au service de la nation, et c’est à cette tâche que nous nous consacrons.

  • Vous offrez un mentorat annuel sur les bourses d’études, pourquoi ce choix précisément ?

Après avoir reçu la prestigieuse bourse d’excellence de la Chine en 2017, puis celle d’excellence EIFFEL, j’ai été sollicité par de nombreux étudiants en quête de conseils pour leur préparation. Ces demandes répétées ont fait naître en moi le désir de transformer cette expérience en un programme annuel visant à guider et accompagner les étudiants les plus brillants. Je considère ce programme de mentorat comme une plateforme essentielle pour contribuer au renforcement des compétences techniques des jeunes.

  • Comment se passe ce mentorat ?

Il convient de souligner que la Fondation Tegawende propose différents types de programmes de mentorat, notamment le mentorat en leadership, la planification de carrière professionnelle et le programme Tegawende Fellowship, qui concerne les bourses d’études à l’international. Les bénéficiaires du mentorat sont sélectionnés en fonction de leurs performances académiques et de la pertinence de leur dossier de candidature.

  • Combien de boursiers avez-vous mentorez ?

L’année dernière, nous avons eu le privilège de compter trois jeunes Burkinabè parmi les lauréats de la bourse d’études du gouvernement chinois. Cette année, ce nombre a augmenté pour atteindre cinq lauréats de la Bourse d’études de la Chine, et nous sommes en attente des résultats des bourses Eiffel et Fulbright, pour lesquelles nous avons respectivement soutenu deux et un étudiant.

  • Quels sont vos projets pour le Burkina ?

C’est avec conviction que je proclame : “Chacun de nous a un rôle critique à jouer dans l’histoire et le développement de notre nation”. Ma vision est vaste, l’ambition est grande et les défis sont colossaux, car je rêve d’un Burkina Faso où chaque jeune a l’opportunité de réaliser son plein potentiel. Un Burkina Faso où hommes et femmes peuvent également contribuer de manière significative au développement de notre nation. C’est dans cette optique que j’ai l’ambition, dans un avenir très proche, de proposer au nom de la Fondation Tegawende 100 bourses aux jeunes talents Burkinabè les plus brillants, afin que nous puissions ensemble mener des initiatives innovantes pour dynamiser et optimiser les différents secteurs économiques. Au-delà de cette initiative, je travaille activement avec des collègues sur des projets visant à stimuler le potentiel économique des villes prometteuses de notre pays et des projets sur l’éducation professionnelle.

  • Quels sont vos souhaits à l’égard de la jeunesse du pays des Hommes intègres ?

Je lance un appel vibrant à toutes les jeunes forces dynamiques pour qu’elles s’investissent pleinement dans la promotion du développement socio-économique de notre pays. En tant que jeunes, nous sommes les artisans du progrès et nous avons la responsabilité d’être le moteur du Burkina Faso. Aujourd’hui, le défi de la jeunesse peut se résumer ainsi : être techniquement compétents, politiquement conscients et culturellement éclairés.

Interview réalisée en ligne par Mireille Sandrine Bado/MoussoNews

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