Festival Ciné-Village de Kouila act 12 : Le 7e Art se déporte en plein cœur de la campagne

Le village de Kouila (Ziniaré) va vibrer du 7 au 10 mai 2026, au rythme de la 12e édition du Festival Ciné-Village de Kouila. Avec des projections cinématographiques sous les étoiles, une sensibilisation écologique et des transmissions de savoirs, cet événement déplace les projecteurs de la capitale vers le monde rural. Sous le thème « Cinéma et Environnement », le festival veut être un vecteur de développement et de cohésion sociale entre les communautés.
C’est par une caravane colorée et sonore, sillonnant les profondeurs de Ziniaré, que les festivités ont débuté, avant de converger vers le village de Kouila. Autour d’une cérémonie d’ouverture tenue le jeudi 7 mai 2026, des milliers de festivaliers, des autorités administratives, coutumières et des figures emblématiques de la culture burkinabè ont répondu à l’appel.

Le Haut-Commissaire de la province de l’Oubritenga, Saïdou Guigma, a présidé l’événement. « Le 7e Art est un puissant vecteur de paix et de cohésion sociale. C’est une fierté pour notre province d’accueillir ce festival, qui est une véritable décentralisation du FESPACO », a-t-il déclaré.

Cette 12e édition ne se contente pas de divertir ; elle interpelle. Le choix du thème « Cinéma et environnement » s’inscrit dans une volonté de sensibiliser les populations face aux défis climatiques actuels. « Le thème vient à point nommé. Les films projetés traiteront de la protection de nos ressources. Nous valorisons aussi le « consommer local » avec des expositions de produits forestiers », précise Saïdou Guigma.
Un avis partagé par le parrain de l’édition, Nelson Congo, pour qui le développement durable doit s’incarner dans les territoires. « Nous avons décidé d’accompagner ce festival car il montre concrètement comment les actions de développement durable peuvent être menées à l’échelle d’un village comme Kouila », a-t-il souligné.

Le promoteur, Bertrand Ilboudo, voit en ce festival une école à ciel ouvert. Outre les projections nocturnes, l’innovation majeure de cette année réside dans la création d’un espace enfant, qui va permettre aux plus jeunes de s’initier à l’image.
Pour cela, le programme pour les 4 jours de festivités est dense : panels, formations, prestations artistiques et masterclass.
L’invité d’honneur, le célèbre comédien Abdoulaye Komboudri, est l’acteur principal de cette volonté de transmission. Il va de ce fait, animer un panel avec les plus jeunes, ce vendredi 8 mai 2026. « Je suis ici pour partager mes 40 ans de carrière à travers une masterclass. Je n’ai pas fait d’école de cinéma, j’ai tout appris sur le terrain. Demain, je transmettrai ce savoir à mes fils et petits-fils de Kouila », a-t-il. Il a également salué le travail « lourd » et riche de connaissances abattu par l’organisation.

Malgré le succès, la tenue du festival revêt d’un défi persistant. Fonctionnant sur un site sans électricité pour garantir une « expérience authentique » et rurale, l’organisation repose sur des groupes électrogènes sous l’engagement des filles et fils de la région. Bertrand Ilboudo ne cache pas les difficultés et appelle au soutien. « Si nous avons le soutien des hautes autorités, de mécènes et des institutions, nous allons gagner le pari d’agrandir ce projet », a-t-il souligné.
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La soirée inaugurale s’est clôturée par la projection du film de Luc Damiba, « Laabli, l’insaisissable ». Ce documentaire hommage à Moustapha Thiombiano, grand homme des médias burkinabè, a captivé l’audience, qui lance ainsi 4 jours de célébration du cinéma africain en terre rurale.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews


