Grève des travailleuses du sexe au Québec : Certaines ne peuvent pas se le permettre

À l’approche du Grand Prix du Canada le 23 mai 2026, un mouvement de contestation porté par des travailleuses du sexe à Montréal suscite des réactions contrastées au sein du milieu. Si certaines envisagent de cesser le travail durant cette période très lucrative, d’autres estiment ne pas avoir les moyens financiers de suivre le mouvement.
Depuis plusieurs jours, des affiches appelant à une mobilisation circulent dans le centre-ville de Montréal. À l’initiative du Comité autonome du travail du sexe, cette action vise à dénoncer les conditions de travail imposées dans certains établissements, notamment les frais élevés exigés aux danseuses pour accéder aux planchers de danse.
Selon les dénonciations relayées par les organisatrices, certaines travailleuses doivent débourser jusqu’à 100 dollars par soirée pour pouvoir exercer dans les bars les plus fréquentés pendant le Grand Prix.
Intervenant sur les ondes de LCN, la chercheuse en sociologie du travail du sexe, Francine Tremblay, estime toutefois que le mouvement risque de révéler des inégalités au sein même du secteur. « Ceux qui ont le luxe de refuser du travail et ceux qui l’ont moins, c’est très clair que ça va être divisé », a-t-elle expliqué.
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Malgré ces divergences, Tremblay croit qu’une mobilisation pourrait exercer une pression économique sur les propriétaires d’établissements. « Un vrai levier économique, quelque chose qui va nuire un peu aux propriétaires de bars », a-t-elle affirmé.
La chercheuse plaide également pour une réforme du mode de rémunération afin d’améliorer la protection sociale des travailleuses du sexe. Selon elle, l’accès à un salaire formel permettrait notamment de bénéficier de droits liés à la CNESST, à l’assurance chômage et à des services bancaires reconnus. Elle soutient aussi la création d’une charte des droits des danseuses, qu’elle considère comme un outil essentiel pour structurer les revendications et donner davantage de voix aux travailleuses du secteur.
Source : Le journal de Quebec
Repris par Annick HIEN/MoussoNews



